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Visual arts

JAMAIS SEUL

JAMAIS SEUL

Information on the activity

September 3, 2020 to November 8, 2020

FROM SEPTEMBER 3RD 2020 TO NOVEMBER 8TH 2020

Description in French only

Une installation vidéo de Stéphane Crête et Philémon Crête
 
Acteur, auteur et metteur en scène, Stéphane Crête signe avec Jamais seul sa première installation vidéographique, conçue en collaboration avec le directeur photo, réalisateur et monteur Philémon Crête, fils de l’artiste. 
 
Expérience de liberté, de dépaysement, de ce désir profond d’aller se perdre ailleurs, cette installation invite le spectateur à un voyage qui le mène, en trois temps, dans une sorte d’au-delà à la fois très lointain et très personnel.
 
L’œuvre impose un rapport au corps semblable à celui qui s’établit parfois entre l’acteur et le spectateur au théâtre, ce mélange d’intimité, de proximité et d’énergie brute qui caractérise certaines démarches expérimentales et plusieurs performances. En effet, la projection monumentale de la partie centrale met en évidence et isole le corps de l’acteur (en l’occurrence Stéphane Crête) dans des paysages dénudés et grandioses. Aucun artifice ne nous permet de détourner le regard de ce corps parfois nu, parfois vêtu, filmé des pieds à la tête.
 
L’acteur est toujours seul à l’écran. Tout à la fois mis en scène et laissé à lui-même, ce corps s’impose en tant qu’objet de contemplation et d’obsession, alors que le visiteur de l’installation vit une tension provenant de deux sentiments contradictoires : celui de l’identification (on a tous envie d’être ce corps qui vagabonde dans ces paysages lointains) et de la stupéfaction (cette aventure de l’intimité). L’homme se révèle à lui-même à travers le mouvement, prenant conscience de la dimension spirituelle et sensuelle de la nature, tandis que la construction réitérative plonge le visiteur dans un état de transe, happé dans cet immense espace mental. 
 
Malgré cette solitude, Stéphane Crête ne se sent jamais seul. Il est nourri de l’intérieur par ce qui se passe à l’extérieur, comblé par le paysage. Un sentiment d’unité (tout est dans tout) peut alors émerger et faire toucher à une expérience sacrée, une sorte d’ascèse rappelant les mystiques du désert. De plus, la présence d’un futur « regardant » (atteignant son point culminant avec cette installation) abolit la totale solitude, engageant déjà un dialogue à venir.  
 
En ces temps d’urgence écologique, ces images soulignent l’importance de la nature, appellent au respect de celle-ci, voire à sa sanctification. Pourtant, elles pourraient être aussi une représentation dystopique d’une fin du monde, alors que nous assistons aux déambulations de ce qui pourrait être le dernier humain sur terre.