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Cinéma

AMANITA PESTILENS

AMANITA PESTILENS

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27 juillet 2018 | 19 H

À l’ombre des avions qui déchirent fréquemment le ciel de sa banlieue, Henri Martin observe l’objet de sa fierté, sa pelouse. Celle-ci fait l’envie de tous ses voisins, surtout depuis qu’elle a été reconnue comme la plus belle du Tout-Montréal. On le surnomme le Don Juan de la pelouse. Après avoir réalisé que sa fille flirte avec un suave jeune homme, éboueur de jour et guitariste dans une boîte d’effeuilleuses le soir, Henri remarque que des champignons prolifèrent sur son gazon. Une tenace espèce mutante, probablement issue de la famille de l’Amanita Pestilens (« amour empoisonné »). L’infestation, bien qu’épidémique, semble concentrée sur son seul terrain. Tourmenté par ce problème, il fait de multiples tentatives d’éradication, mais dans sa recherche obsessionnelle, il en oublie ses responsabilités familiales et son rôle de père. Dans son délire, il en vient à croire que ses voisins lui ont imposé cette plaie, par jalousie. Lors de ses recherches, il rencontre de l’énigmatique Cram, un silencieux personnage qui semble tout voir et tout entendre. La spirale démentielle d’Henri mènera vers l’irréparable, sous le regard impuissant du voisinage.

AMANITA PESTILENS est non seulement une comédie de mœurs angoissante et littéralement paranoïaque, c’est aussi un rare ovni événementiel. Une œuvre expressionniste en rupture totale avec le cinéma vérité du moment. Un moment idiosyncrasique dans notre cinématographie à de nombreux égards. AMANITA PESTILENS serait l’un des premiers longs métrages de fiction canadiens tournés en couleurs, ainsi que le premier tourné simultanément dans les deux langues officielles, avec la même distribution. En plus du premier passage à l’écran de Geneviève Bujold, le rôle principal est tenu par Jacques Labrecque, chanteur folklorique connue notamment pour son album à succès, LA PARENTÉ EST ARRIVÉE. On y voit aussi défiler Huguette Oligny, Benoît Girard, Jean-Louis Millette, Juliette Huot et Denise Bombardier. Le film, bien que projeté au festival de Berlin et acheté pour la télé allemande, ne trouva aucun distributeur national et ne connut donc aucune sortie. Cette copie, dont les couleurs initiales ont été récemment restaurées, nous présente un Montréal d’une autre époque, avec ses rues et ses édifices semblant sortir d’un rêve collectif. Un regard étrange sur la libération des mœurs de la jeunesse. Une culture du « balconville » dans une ère du bien paraître aux yeux des voisins. Nous remercions chaleureusement Bibliothèque et Archives Canada, la Cinémathèque québécoise et Crawley Films pour leur aide inestimable dans l’organisation de la projection de cette rare copie francophone.

RÉALISATEUR
René Bonnière

INTERPRÈTES
Denise Bombardier, Geneviève Bujold, Benoit Girard, Blake James, Jacques Labrecque, Jean-Louis Millette, Huguette Oligny

PRODUCTEUR
F. R. Crawley