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Le village des Nuits d'Afrique en plein cœur du Quartier des spectacles

11 juillet 2017

Texte principal du billet

Texte écrit par Ralph Boncy, journaliste et chroniqueur musical à Voir et à Ici Musique / Radio Canada, auteur de chansons et d'ouvrages sur la musique populaire d'Haïti.

Un village ethnique s’ouvre au centre-ville de Montréal, après le jazz. Pour la sixième année consécutive, les musiques, les couleurs et les saveurs du Festival International Nuits d’Afrique se mélangent dans cet espace convivial à ciel ouvert. Et s’élargit notre horizon…

L’été battait son plein. C’était un jeudi de la mi-juillet, j’étais allé chercher mes deux filles à leur camp d’été, au centre-ville. Hop ! Dans le métro. Seulement deux arrêts et nous voilà rendus à la station Place-des-Arts, sortie Président-Kennedy, en arrière de la salle Wilfrid-Pelletier. Les gosses n’en croyaient pas leurs yeux.

Le merveilleux monde de ma cité

Là, sous un ciel bleu, soleil midi radieux, je leur montre le village d’un simple geste de la main. Je suis comme un magicien. Nous traversons la rue vers l’Est, à l’angle St-Urbain, et pénétrons d’emblée dans le continent africain. Une multitude de kiosques bigarrés et quelques étals chamarrés délimitent l’espace, côté jardin, depuis le grand podium noir et silencieux, déjà prêt pour les musiciens, pour la fête. Tandis qu’au milieu de la savane, s’avance vers nous une petite horde de lutins délurés, armés seulement de percussions légères et tous vêtus de jaune, vert et rouge, nous distinguons peu à peu les rythmes brésiliens : ce sont des danseurs de capoeira, heureux; sourires fendus jusqu’aux oreilles.

Magique ! C’est le cœur de ma ville qui bat ici sous le soleil et jusqu’aux douze coups de minuit. Dans cet espace que le jazz réserve au blues (entendez par là que le festival de jazz réserve en exclusivité, depuis plus de vingt-cinq ans, à la scène des musiciens de blues-rock) la foule est désormais au rendez-vous des musiques du monde.

C’est Lamine Touré, le fondateur guinéen du Balattou et de l’événement Nuits d’Afrique qui a trouvé le nom imagé de Marché Tombouctou pour désigner ce carrefour d’échanges culturels, ce rassemblement de commerçants, d’artistes et de cuisiniers qui implique plusieurs artisans, bénévoles et beaucoup d’épices dans la marmite. Ce village des Nuits d’Afrique, lieu enchanté qui célèbre la diversité, c’est aussi des ateliers à ciel ouvert, des dj sets, un village pour enfants, des cours de danse et de kora et des projections récréatives et documentaires, toutes gratuites dans la Sphère TV5.

Des musiques et du monde!

Après avoir été présenté à la place Émilie-Gamelin depuis les années 90, le FINA a déménagé dans le Parterre du Quartier des spectacles en 2011 et, depuis, n’a cessé de croître, graduellement, en affluence comme en offre de programmation musicale. Les têtes d’affiche du dimanche soir à 21 h 30 comme Kassav’ des Antilles françaises, Tabou Combo d’Haïti, Orquesta Aragon de Cuba, de Meiway de Côte d’Ivoire, l’année dernière, et du collectif Afrique en Cirque, il y a deux ans, ont largement dépassé les attentes, rassemblant des foules comblées, dépassant quelques fois les 20,000 personnes. Des foules compactes, dansant les konpa, le zouk, la charanga ou le zoblazo. Du monde heureux !

Et pour cette cuvée 2017 marquant le 31e anniversaire de ce festival montréalais qui se targue d’être le plus grand au monde dans son genre, c’est six jours d’activités et de concerts gratuits qui constituent la deuxième moitié du 18 au 23 juillet. Ce grand déploiement de 28 concerts gratuits en plein air se terminera par une prestation de Tribu Baharù de Colombie, précédé de l’électrisant Wesli qui fait rayonner dans le monde entier l’expertise de notre métropole dans la catégorie world. Du mardi 18 au dimanche 22, vous pourrez aussi voir sur la scène TD-ICI Musique les retours percutants de Admiral T de Guadeloupe, de Seun Kuti & Egypt 80, digne représentant du Nigéria, ainsi que des Congolais de Mbongwana Star qui représentent, nous promet-on, « ce que l’Afrique entière produit de plus dingue en matière de musique par les temps qui courent ».

Un véritable tour de l’Afrique à quelques encablures et en quelques pas, sans visa : on aime ça, les enfants et moi !

FESTIVAL INTERNATIONAL NUITS D'AFRIQUE

Du 11 au 23 juillet 2017


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