47 teckels pour une réunion au sommet à la place des Festivals

Vous avez peut-être remarqué qu’une reproduction de l’hémicycle de l’ONU trône en plein centre de la place des Festivals. À partir de vendredi, s’y tiendra à trois reprises* une réunion extraordinaire où le rôle des 47 représentants des pays qui siègent au Conseil des droits de l’homme de l’ONU sera tenu par des teckels. Intitulée
Dachshund UN, cette création signée Bennett Miller, artiste-sculpteur australien, est proposée par le Festival TransAmériques (FTA) dans le cadre de son grand spectacle extérieur gratuit.

Rencontre avec McGilles et son chien Pavlov, porte-paroles de l’événement.


Photo : Marie-Joëlle Corneau

Pourquoi des teckels pour représenter l’ONU? Quel est le message de l’artiste?

C’est une façon pour Bennett Miller d’explorer de manière ludique des enjeux politiques. Il y a plusieurs niveaux de lecture; c’est une invitation à la réflexion sur les comportements humains et sur nos relations avec les animaux.

Étant lui-même propriétaire d’un teckel, il a choisi cette race, car c’est un chien très expressif – dès qu’il est heureux on le sait, dès qu’il est fâché, on le sait aussi – et comme chez les humains, il y a une grande variété de couleurs, de styles et de tailles. Je suppose que le fait que ce soit un chien têtu, très manipulateur, prêt à tout pour arriver à ses fins, est probablement aussi intervenu dans son choix. Le teckel, j’aime le rappeler, est un chien chasseur…

Comment cela va-t-il se passer concrètement?

Les chiens seront sur l’estrade, tenus en laisse par leur maître qui sera en dessous, moi inclus! Il y a là un clin d’œil au fait que les membres de l’ONU agissent un peu comme des marionnettes. Pendant une heure, les chiens seront néanmoins laissés à eux-mêmes : on peut donc s’attendre à tout. Il y aura nécessairement des chiens plus belliqueux, des chiens qui voudront « fraterniser », d’autres qui dormiront…

Il faut dire que tous les chiens ont été rigoureusement sélectionnés par Bennett Miller lors d’auditions qui se sont tenues en mars dernier à Montréal. Chaque chien se verra assigner le pays qu’il représentera en fonction de son tempérament, car Dachshund UN se veut une photographie de ce qui se passe à l’ONU. Pour le public, cela prête à un exercice intéressant de recherche de similitudes entre l’attitude du chien et l’image que nous nous faisons de chaque pays. D’ailleurs, l’artiste me disait que la réaction du public est presque aussi fascinante que la prestation elle-même!

Comment le public réagit-il?

Il se prend au jeu. Chacun observe spontanément avec plus d’attention le chien qui représente son pays : par exemple, un Français sera porté à regarder le chien qui occupe le siège de la France et à réagir à ses actions.


Photo : Lucas Dawson

On te connaît pour tes apparitions à la radio et à la télévision et le regard satirique que tu portes sur l’actualité. Comment en es-tu venu à devenir le porte-parole de Dachshund UN?

C’est la magie des réseaux sociaux qui a opéré et qui a fait en sorte que le FTA me contacte.  Comme j’ai fait participer mon chien dit
« saucisse » à quelques émissions de télévision – justement du fait de sa nature – plusieurs personnes m’ont interpellé sur Facebook et Twitter lorsque l’appel à candidatures a été lancé pour la participation de teckels à cette prestation artistique : on m’incitait à y inscrire Pavlov. Le FTA a vu cela et m’a proposé de devenir porte-parole.

Comme je suis très intéressé par le milieu des arts et de la culture, par tout ce qui contribue à le démocratiser, à le « désnobiser », et par les propositions qui sortent de l’ordinaire, j’ai accepté! D’autant qu’il y a un parallèle à faire entre l’approche de l’artiste et la mienne : nous faisons ressortir le caractère absurde de certaines choses.

En quoi Dachshund UN contribue-t-il à démocratiser l’art?

Chaque année, le FTA propose un volet très rassembleur, grand public, gratuit, qui vise à toucher de nouveaux publics. Tous se rappellent encore le Grand Continental de Sylvain Émard, qui a attiré les foules. Ce premier contact avec une création d’art contemporain ludique contribue, j’en suis convaincu, à donner envie aux gens d’aller en voir d’autres.


Photo : Tomasz Machnik

On dit que l’installation se transforme au gré des humeurs des 47 chiens recrutés dans chaque ville. Après Melbourne, Sydney et Birmingham, quelle sera l’ambiance à Montréal à ton avis?

Une chose est certaine, les Montréalais sont fiers de leur teckel! Seulement 48 heures après l’appel à candidatures, le FTA a dû y mettre un terme, car ils ont été submergés par les propositions. Je suppose que notre côté latin ressortira: avec des chiens plus jappeurs. Et étrangement, les chiens que j’ai vus à l’audition portaient beaucoup plus d’accessoires – des vêtements, des boucles… – qu’ailleurs. Je ne sais pas ce que cela dit sur nous…

Pour terminer, quand tu penses au Quartier des spectacles, quelle image te vient en tête?

L’appropriation. J’aime voir les gens se réunir sur l’espace public. Quand la place des Festivals et l’esplanade de la Place des Arts sont pleines de gens l’été, c’est un spectacle en soi; le spectacle de la vie. Il est primordial de faire sortir les gens de chez eux pour qu’ils aient du plaisir à Montréal!

Dachshund UN
*24 mai à 18 h // 25 mai à 15 h  // 26 mai à 15 h
Durée : 1 heure // Peut être annulée en cas de pluie
Place des Festivals

Party Hot-dog, l’hommage aux teckels avec DJ McGilles
Samedi 25 mai à 22 h 30
Quartier général du Festival – Agora Hydro-Québec au cœur des sciences de l’UQAM
175, Av. du Président-Kennedy

Dans le cadre du FTA
Du 22 mai au 8 juin

Programmation printemps-été : un concentré de culture dans le Quartier des spectacles!

Il n’y aura pas une journée sans activités culturelles jusqu’à la fin septembre dans le Quartier des spectacles! C’est ce qui a été révélé lors du coup d’envoi à la programmation des événements printemps-été 2013 au Quartier des spectacles donné la semaine dernière. Plus d’une vingtaine d’événements se succéderont avec des propositions dans toutes les disciplines: de la danse, de la musique, de l’humour, des arts du cirque, du cinéma…

Rencontre avec Pascal Lefebvre, le directeur de la programmation du Partenariat du Quartier des spectacles

Pascal Lefebvre, directeur de la programmation au Quartier des spectacles. Prestation artistique de la Compagnie Virginie Brunelle lors du lancement de la programmation Printemps-Été 2013 au Quartier des spectacles. Photo : Cindy Boyce

Quels seront les temps forts de la programmation ?

Difficile de répondre à cette question, car ils varient en fonction des préférences des uns et des autres. Une chose est certaine, c’est qu’il y a nécessairement de quoi plaire à chacun. J’invite d’ailleurs le public à se faire sa propre idée et à concevoir son programme culturel pour les prochains mois en consultant la section Événements 2013 de notre site.

Quel est le rôle du Partenariat en ce qui a trait à la programmation?

Nous accueillons les événements, nous apportons un soutien financier à certains d’entre eux et nous mettons en œuvre une programmation en complément de celle proposée par les partenaires.

Les producteurs et les diffuseurs qui ont présenté leur programmation : (de gauche à droite, de bas en haut) Daniel Bouchard, Marketing et partenariats du Festival des Films du monde// Hugo Couturier, directeur des communications et du marketing du Festival transamériques// Manon Lapointe, directrice générale de la Société des directeurs des musées montréalais// François Grisé, fondation de la compagnie Un et Un font mille// Danielle Roy, conceptrice et directrice artistique de Terra Karnaval// Élaine Ayotte, responsable de la culture, du patrimoine et du design au comité exécutif de la Ville de Montréal// Pascal Lefebvre, directeur de la programmation du Partenariat du Quartier des spectacles// Chantale Jean, directrice de la programmation OUMF// Hugues Sweeney, Producteur à l’office national du film du Canada de Mégaphone // Andy Nulman, Président, Festivals et Télévision du Groupe Juste pour rire// Jolyanne Matthieu, gestionnaire de projets à la SAT // Martin Durocher, Directeur Général et artistique de Zoofest // Frédéric Kervadec, Responsable de la programmation du Festival Nuits d’Afrique// Rafik Hubert Sabbagh, directeur général et artistique de Quartiers danses// André Dudemaine, directeur des activités culturelles de Présence autochtone// Zoé Beaudry, directrice des communications Montréal Complètement Cirque// Éric Pineault, président-fondateur de La Fierté Montréal// Laurent Saulnier, vice-président programmation et production des Francofolies et du Festival International de Jazz de Montréal. Étaient aussi présents : Sylvie Teste, directrice des Escales improbables// Hélène McKoy,co-fondatrice du Pouzza Fest// Alain Mongeau, directeur général et artistique MUTEK. Photo : Cindy Boyce

Quelle est la ligne directrice de la programmation?

Toutes nos actions visent à ce que ce Quartier demeure un lieu de créativité, rassembleur et ouvert à toutes les possibilités. Nous souhaitons qu’il soit un endroit où la culture et les arts apportent un côté ludique au quotidien et suscitent des interactions entre les individus.

Pourquoi le Partenariat du Quartier des spectacles met-il en œuvre sa propre programmation ?

C’est un mandat que nous a confié la Ville de Montréal pour faire en sorte qu’il y ait des activités tout au long de l’année. Nous venons compléter l’offre existante; celle des 80 lieux de diffusion du Quartier et de tous nos partenaires qui organisent des événements sur les places publiques.

Le Quartier des spectacles est le cœur culturel de la ville; il doit donc battre en permanence! Nous voulons que les gens viennent ici en se disant qu’il y aura forcément un spectacle à aller voir, une œuvre à découvrir. Nous voulons leur offrir l’assurance qu’ils vivront ici une expérience riche et distinctive.

Par ailleurs, dans certains cas, comme pour la place Émilie-Gamelin et la place de la Paix, une intervention était nécessaire pour permettre une réappropriation de ces places par les travailleurs, les visiteurs et les étudiants du Quartier qui les avaient délaissées. On constate un changement tangible depuis qu’on y retrouve davantage d’activités culturelles.

 

Et que nous a concocté le Partenariat pour cette saison? 

Le 17 mai, avec la Fête de Montréal, nous soulignerons le 371e anniversaire de la métropole. Le Quartier accueillera un feu roulant d’activités de midi à minuit! Il y aura des camions-restaurants, 125 artistes qui se produiront sur onze zones autour de la Place de Arts, des D.J. et l’apéro sur la plus grande terrasse en ville [rue Sainte-Catherine et place des Festivals].

La journée se clôturera avec un événement inédit et hautement visuel mettant en valeur le génie créatif montréalais en art numérique et en musique. Les créations de  « mapping architectural » de cinq grands studios multimédias montréalais – Baillat Cardell & fils, Champagne Club Sandwich, ElToro studio, Geodezik et Turbine –  seront présentées alors que les artistes Ariane Moffatt, Yann Perreau,  Jérôme Minière, Louis-Jean Cormier, Plaster, Poirier et Boogat interpréteront des chansons sur le thème de Montréal. À noter que le Théâtre Maisonneuve deviendra, ce soir-là, la 9e façade consacrée à la diffusion d’art numérique en permanence dans le Quartier.

Que verrons-nous sur la rue Sainte-Catherine et la place Émilie-Gamelin?

La Fête de Montréal marque le début de la piétonnisation de la rue Sainte-Catherine qui se poursuivra jusqu’au 1er septembre. Comme l’année dernière, des tables et des parasols transformeront la rue en un lieu parfait pour des dîners culturels en plein air. Des prestations ludiques et insolites réunissant théâtre de rue, musique, danse et arts du cirque seront présentées, entre la rue de Bleury et le boulevard Saint-Laurent, du 18 mai au 2 juin et du 5 août au 1er septembre.

Photo : Cindy Boyce

Nous aurons également le plaisir d’accueillir une exposition photographique de Gabor Szilasi, du 5 août au 29 septembre, qui nous offrira un portrait éloquent de la rue Ste-Catherine des années 1970.

Photo : Gabor Szilasi.

Sur la place Émilie-Gamelin, il y aura aussi du mobilier urbain à partir du 30 mai ainsi que des jeux d’échecs géants. Nous avons par ailleurs développé l’idée de rendez-vous festifs. Les jeudis – en dehors des événements spéciaux – des camions-restaurants proposeront leurs spécialités, alors qu’une animation culturelle différente chaque semaine permettra aux visiteurs de découvrir des talents montréalais.

 

Pour terminer, qu’est-ce qui t’a amené à devenir directeur de la programmation au Quartier des spectacles?

J’ai toujours œuvré dans l’organisation d’événements. Après mes études en génie civil, j’ai travaillé pour le Festival MONTRÉAL EN LUMIÈRE et la Nuit blanche. J’ai ensuite fondé le concept du PIKNIC ÉLECTRONIK et quelques années plus tard, son pendant hivernal : IGLOOFEST. Il y a deux ans, j’ai eu envie de travailler pour le projet le plus stimulant de Montréal, où je m’efforce depuis à faire rayonner la vitalité culturelle de la métropole.

Programmation disponible sur www.quartierdesspectacles.com

De la page blanche au Quartier des spectacles : récit de la genèse du projet d’aménagement

Vous vous rappelez, il y a quatre ans, nous inaugurions la place des Festivals? C’était le début d’un des plus grands projets d’aménagement du centre-ville de Montréal. Depuis, il y a eu la promenade des Artistes, Le Parterre et la transformation d’une partie de la rue Sainte-Catherine. Et viendra au cours des prochaines années l’esplanade Clark. Derrière ces réalisations, il y a Daoust Lestage, une firme qui regroupe des architectes, des urbanistes, des architectes de paysage et des designers industriels.

Nous prenons prétexte des Journées Portes Ouvertes Design Montréal – qui vous proposent de « voir où naissent les idées » – pour vous présenter ceux qui ont imaginé l’aménagement du secteur Place des Arts du Quartier des spectacles. Ils en ont dessiné la première ébauche et ont conçu l’ensemble des places publiques, en passant par le mobilier urbain jusqu’au dernier boulon. Ils ont depuis remporté de nombreux prix, dont la médaille du gouverneur général en architecture.

Vous pourrez les rencontrer lors de visites commentées du Quartier dans le cadre des Journées Portes Ouvertes Design, le dimanche 5 mai, à partir de midi.

Rencontre avec Réal Lestage, urbaniste et associé chez Daoust Lestage

Les 4 et 5 mai, profitez des Journées Portes Ouvertes Design Montréal pour découvrir des architectes et des designers qui contribuent, de par leur talent, au statut de ville UNESCO de design de Montréal. Nombre d’entre eux sont associés au Quartier des spectacles ! Pour connaître le programme complet.

 

Réal Lestage et Renée Daoust de Daoust Lestage. Photo : Marie-Joëlle Corneau

Comment se déroule le développement d’un projet d’envergure comme le Quartier des spectacles ?

Nous avons été sélectionnés, dans le cadre d’un appel d’offres, sur la base d’autres projets que nous avions réalisés comme la Promenade Samuel-de Champlain à Québec et le Quartier international à Montréal.

Souvent, les gens ont de la difficulté à concevoir qu’il y a derrière de tels projets un créateur avec son crayon et sa page blanche. Mais c’est bel et bien le cas et c’est comme ça que tout a commencé pour le Quartier des spectacles.

En suivant les objectifs et les besoins identifiés, nous avons imaginé ce projet en créant d’abord les espaces publics et en les nommant, pour ensuite créer tout le mobilier urbain.

Quels étaient les objectifs et besoins exprimés pour le Quartier des spectacles ?

Il fallait garantir l’ancrage des festivals au centre-ville et consolider la vocation culturelle du Quartier. Jusqu’alors, les événements, comme le Festival international de Jazz de Montréal, utilisaient les différents terrains vacants. Mais la vitalité du marché immobilier entraînait peu à peu la disparition de ces terrains.


Place des festivals. Photo avant : Daoust Lestage. Photo après : Stephan Poulin.

Promenade des artistes. Photo avant : Daoust Lestage. Photo après : Stephan Poulin.

Quelles ont été vos sources d’inspiration ?

Depuis 30 ans, notre pratique du design urbain et de l’architecture, nous a emmenés dans tous nos voyages à constamment jauger l’espace public. C’est la somme de nos expériences qui nous a inspirés. Car il n’y avait pas ailleurs de modèle à suivre. C’est la première fois qu’une intervention aussi intégrée dans un milieu urbain visant la création d’espaces extérieurs pour la tenue de grands événements était entreprise. Montréal est unique en ce sens et c’est ce qui contribue à son positionnement localement et internationalement.

Photo : Mattera Joly.

Est-ce que ce projet présentait des contraintes particulières ?

Des contraintes énormes ! Les espaces publics doivent être aptes à recevoir une quantité importante de personnes pour être propices aux grands rassemblements, mais doivent également être agréables à fréquenter en tout temps.

Cela a exigé beaucoup d’ingéniosité et d’innovation. Par exemple, les fontaines ont dû être intégrées à même le sol, sans bassin d’eau apparent [il se trouve sous la place des Festivals], car on doit pouvoir les éteindre pour qu’un spectacle puisse commencer quinze minutes plus tard.

Ensuite, les vitrines habitées, qui abritent désormais la Brasserie T ! et le F Bar, ont une conception qui se rapproche de celle d’un sous-marin, tellement tout a été pensé et conçu pour un très petit espace. Leur forme étroite et allongée a nécessité l’installation de la cuisine au sous-sol. Ces restaurants ont été les premiers jalons pour créer une destination et donner de la vie au lieu.


Vitrine habitée

Quel regard portez-vous aujourd’hui sur le Quartier des spectacles ?

Je compare le type d’intervention que nous faisons à une greffe. Comme lors d’une greffe d’organe, il y a un rejet possible. Or, ici, la greffe a pris. Les gens se sont approprié ces nouveaux espaces publics, qu’on pense à la foule qui se presse actuellement aux 21 Balançoires, ou alors à celle qu’on retrouve les beaux soirs d’été autour des fontaines de la place des Festivals.

Les grands événements se déroulent désormais dans un grand théâtre extérieur qui offre aux producteurs des conditions de diffusion exceptionnelles, ce qui se traduit par une expérience bonifiée pour les festivaliers.

Aussi, nous nous réjouissons que l’espace public soit devenu un catalyseur de développement périphérique : de nombreux projets immobiliers ont vu le jour depuis et l’on sent une véritable effervescence dans ce Quartier.

Je suis aussi convaincu que nous avons fait les bons choix, notamment pour les mégastructures. Ces grands luminaires parviennent à créer une voûte virtuelle et sont à mon avis des éléments signature du Quartier.

Photo : Stephan Poulin.

Ces mégastructures ont suscité leur lot de réactions…

En effet, certains les aiment d’autres non. Ce qui m’importe, c’est qu’on en parle. Lorsqu’on travaille à l’échelle de la ville, il y a beaucoup de gens qui gravitent autour des projets. L’important est que le créateur puisse les écouter, mais aussi se faire une idée et aller au bout de cette idée. Il est impossible de faire l’unanimité. Et je fais cette analogie pour l’expliquer : si, par exemple, nous décidons pour un projet X que la couleur choisie sera le rouge. D’autres préféreraient plutôt le jaune, le bleu ou alors l’orange. En mettant tout cela ensemble, nous obtiendrons du brun. Un résultat qui ne plaît finalement à personne. C’est pourquoi le créateur doit être au service de ses idées et donner la ligne directrice.

Et qu’imaginez-vous pour la future esplanade Clark?

L’esplanade sera une grande place publique complémentaire à la place des Festivals. Il est proposé, dans le cadre de l’aménagement, de construire une patinoire et un pavillon de service. Cet aménagement fait l’objet d’un exercice de planification. La date du début des travaux n’est pas encore déterminée.

Pour terminer, quand vous pensez au Quartier des spectacles, quelle image vous vient en tête?

La place des Festivals, avec ses mégastructures, qui est désormais inscrite dans l’imaginaire collectif.

Daoust Lestage

Le gardien du septième art fête ses 50 ans

Depuis 50 ans, la Cinémathèque québécoise se charge de préserver le patrimoine audiovisuel mondial et de le mettre en valeur pour le plus grand plaisir des cinéphiles. L’établissement a pignon sur rue dans le Quartier des spectacles, sur le boulevard de Maisonneuve, et dispose d’un vaste Centre de conservation à Boucherville qui abrite près de
50 000 œuvres.

Rencontre avec Iolande Cadrin-Rossignol, directrice générale de la Cinémathèque.


Crédit photo : Martine Doyon

Qu’avez-vous prévu pour souligner votre demi-siècle d’existence?

Nous présentons une nouvelle exposition permanente intitulée Secrets et illusions –  La Magie des effets spéciaux.  Elle permet entre autres de voir à travers l’histoire comment Montréal est devenu une plaque tournante dans le domaine.  En parallèle, il y aura jusqu’au 3 mai une rétrospective de Ray Harryhausen, l’un des plus grands créateurs d’effets spéciaux du 20e siècle. S’enchaîneront ensuite de nombreuses autres rétrospectives : de notre illustre créateur André Forcier, de Orson Welles… En mars 2014, cinq programmes présenteront le long voyage empli d’innovations et de souffle poétique de l’art vidéo québécois.

À quel type de public s’adresse la Cinémathèque québécoise?

Il y a à mon avis de quoi satisfaire tous les publics, car la programmation est très variée. Elle va du cinéma d’animation, à la présentation de films muets avec un pianiste qui l’accompagne, en passant par des rétrospectives d’ici et d’ailleurs, et des projections de films récents.

Nous ne sommes pas en concurrence avec les cinémas autour de nous, car nous occupons un créneau spécialisé. Nous présentons des œuvres d’hier et d’aujourd’hui qu’on ne retrouve pas dans les autres salles, sur Internet, ou dans les clubs vidéo. Par exemple, on pourra voir ici des films italiens récents qui ne sont pas des superproductions, ce qui est rare ailleurs.


Crédit photo : Martine Doyon

Le patrimoine audiovisuel est tellement vaste, comment sélectionnez-vous les œuvres à préserver?

Nous privilégions évidemment les productions québécoises et canadiennes. Depuis 2006, toutes les œuvres produites au Québec avec l’aide de l’État sont assujetties au Dépôt légal. Une copie est donc automatiquement déposée à la Cinémathèque. Avant 2006, nous fonctionnions sur la base de dépôts volontaires par les cinéastes, les réalisateurs ou les producteurs.

Nous recevons aussi  beaucoup de productions canadiennes car il n’y a pas d’autre cinémathèque qui pratique la conservation au Canada. Il est certes possible de déposer des œuvres à Bibliothèque et Archives Canada, mais dès lors, les œuvres ne peuvent plus en sortir. La  Cinémathèque, quant à elle, a le mandat de faire voir ces trésors et de les faire circuler.

Et pour les œuvres de l’étranger?

Nous nous intéressons à ce qui se passe en dehors des grands circuits commerciaux traditionnels. Ce n’est pas que nous méprisions les œuvres qui y sont présentées, mais nous savons qu’elles seront vues. La priorité est donc mise sur ce qui nous parviendrait naturellement de façon plus fragmentaire.

La Cinémathèque étant intégrée à un réseau international de cinémathèques, nous sommes régulièrement alimentés en cinéma étranger et à l’inverse, nous faisons rayonner le cinéma québécois à l’international.

Quelle est la différence entre la Cinémathèque québécoise et l’Office national du film (ONF)?

La principale est que l’ONF est un producteur, ce que n’est pas la Cinémathèque. Hormis quelques cas exceptionnels, nous ne sommes pas propriétaires des œuvres que nous entreposons.


Crédit photo : Martine Doyon

Avec les habitudes de consommation des jeunes, qui se tournent beaucoup vers Internet pour regarder des films, êtes-vous confiante dans le renouvellement des publics pour le cinéma?

Oui et je ferai le parallèle avec les musées pour vous expliquer pourquoi. Il y a des reproductions d’œuvres partout sur Internet. Néanmoins, il y a toujours des musées. Car voir une œuvre de près suscite de l’émotion, tout comme voir un bon film dans une vraie salle de cinéma.

La Cinémathèque québécoise a été l’un des premiers lieux à être doté d’un éclairage architectural et à faire partie du Parcours lumière du Quartier des spectacles. À l’occasion du 50e anniversaire, elle se refera une beauté lumineuse…

En effet! À l’automne, une œuvre créée par Michael Snow sera intégrée à la façade dont la mise en lumière a récemment été bonifiée. Cet éclairage est un attrait en soi la nuit tombée et il permet à la Cinémathèque de sentir qu’elle fait bel et bien partie du Quartier.

Pour terminer, quand vous pensez au Quartier des spectacles, quelle image vous vient en tête?

Une grande image! Je vois une image plus grande que celle de la majorité des gens, car je sais que la Cinémathèque fait partie du Quartier. Encore aujourd’hui, beaucoup de personnes croient que le Quartier des spectacles se limite à la place des Festivals. Le Quartier des spectacles est selon moi, le plus beau projet à Montréal depuis l’expo 67. Nous comptons y contribuer de manière très proactive!

Les 21 Balançoires : un rituel printanier

Les 21 Balançoires sont de retour pour la troisième année consécutive dans le Quartier des spectacles jusqu’au 2 juin. En journée comme en soirée, cette installation interactive à mi-chemin entre le mobilier urbain et le jeu, propose une expérience de coopération musicale. Les balancements de chacun déclenchent des notes de musique, la collaboration de plusieurs génère une mélodie.

À la tombée du jour, elles sont accompagnées de la vidéoprojection interactive 21 Obstacles, sur le Pavillon Président-Kennedy de l’UQAM, inspirée des légendaires jeux de machines à boules.

Et elles étaient très attendues, comme en témoignent les réactions sur les médias sociaux et les gens qui s’y pressent depuis leur installation. Rencontre avec celles qui ont créé un nouveau rituel printanier à Montréal : Mouna Andraos et Melissa Mongiat de Daily tous les jours.

Melissa Mongiat et Mouna Andraos de Daily tous les jours

Melissa Mongiat et Mouna Andraos de Daily tous les jours. Crédit photo : Olivier Blouin

Rappelez-nous comment sont nées ces 21 Balançoires.

Lorsque nous avons été approchées pour réfléchir à une installation pour la promenade des Artistes, celle-ci était en construction. Notre mandat était de permettre au public de s’approprier cette nouvelle place publique.

L’idée des balançoires est venue très vite, car il s’agit d’une interface intuitive. Les gens la reconnaissent; ils savent tout de suite quoi faire. En intégrant des balançoires dans un milieu urbain, hors d’un terrain de jeu, nous annonçons la liberté, un espace où l’on peut se laisser aller, où l’on peut retourner en enfance…en plein centre-ville.

Pourquoi avoir décidé d’ajouter de la musique et la notion de coopération ?

Nous recherchions de nouvelles formes d’interaction pour stimuler la participation du public. La musique offre une rétroaction directe qui permet facilement au public de prendre part au jeu parce qu’il en comprend immédiatement le fonctionnement.

Afin que l’installation soit une source d’interactions entre les individus, et non pas uniquement entre les individus et l’installation, nous avons exploré avec Luc-Alain Giraldeau, professeur en biologie à l’UQAM, la coopération. Il y a, en effet, des parallèles à faire entre la coopération chez les animaux et les humains! Une des motivations à coopérer est la possibilité d’obtenir un meilleur résultat à plusieurs qu’individuellement. Radwan Ghazi-Moumneh a donc composé une trame musicale qui encourage les gens à collaborer entre eux, puisque la musique gagne alors en richesse.

Cela se veut aussi en quelque sorte un clin d’œil au nom du lieu – la promenade des Artistes – puisque chacun peut se sentir alors un peu artiste et créateur. Et c’est une façon de faire le lien entre la Place des Arts avec la Maison symphonique d’un côté, et la Faculté des sciences de l’UQAM de l’autre.

Mouna Andraos et Élaine Ayotte, responsable de la culture, du patrimoine et du design au comité exécutif de la Ville de Montréal, lors de l’ouverture

Mouna Andraos et Élaine Ayotte, responsable de la culture, du patrimoine et du design au comité exécutif de la Ville de Montréal, lors de l’ouverture. Crédit photo : Toma Iczkovits

Et le public réagit-il comme vous le souhaitiez ?

Après l’hiver, nous sommes les premières à investir la promenade des Artistes. Lorsque sont installées les 21 Balançoires, il se passe quelque chose de magique. La vie revient et la promenade se transforme en un espace convivial où les gens de tous âges se balancent et s’interpellent. C’est d’ailleurs grâce à l’engouement du public que les 21 Balançoires reviennent chaque année. Au départ, elles avaient été imaginées comme une installation temporaire et ponctuelle.

Il y a même un engouement à l’international : les demandes affluent de toute part, en particulier depuis que les 21 Balançoires ont été présentées dans une émission d’Oprah Winfrey. Les retrouvera-t-on ailleurs ?

Nous étudions actuellement les différentes possibilités. Montréal reste notre point d’ancrage, mais si nous voulons que l’entreprise grandisse, il faut exporter. D’autres de nos œuvres se retrouveront prochainement à Minneapolis, Saint-Paul et Dallas aux États-Unis.

On dit aujourd’hui qu’en musique, la signature « Montréal » est porteuse pour les artistes à l’international. Est-ce le cas en design ?

En design interactif, oui ! Cela fait plus de 20 ans que Montréal bâtit sa réputation avec des acteurs comme MUTEK, Élektra, la SAT, qui ont travaillé très fort pour positionner la métropole comme un lieu de création important dans les nouveaux médias. Nous arrivons à un bon moment : il y a une véritable culture et une compréhension des créations dans ce domaine ici. Et ailleurs, on reconnaît l’expertise montréalaise.

Crédit photo : Toma Iczkovits

Qu’est-ce qui vous motive à créer?

Nous aimons particulièrement apporter un changement positif à des environnements; surprendre les gens en transformant des choses qui étaient considérées comme établies.

Travailler dans l’espace public est particulièrement valorisant, car on peut constater la transformation et l’effet de nos créations sur les personnes, ce qui est moins évident pour ceux qui travaillent en design industriel et dont les objets sont utilisés dans un cadre privé.

Pour terminer, quand vous pensez au Quartier des spectacles, quelle image vous vient en tête?

Il représente pour nous un laboratoire et un terrain de jeu. Nous y avons trouvé une réelle ouverture pour nos propositions dès les débuts de Daily tous les jours. Avant les 21 Balançoires, nous y avions présenté deux autres créations : le Musée des possibles et Bloc Jam.

21 Obstacles de Daily tous les jours. Crédit photo : Mikaël Charpin

21 Balançoires et 21 Obstacles

Daily tous les jours

Le studio de Daily tous les jours sera ouvert lors des Journées Portes Ouvertes Design les 4 et 5 mai. Visitez-les!

Suivez la Trace chorégraphique dans le Quartier des spectacles

Des pas de danse dessinés au sol apparaîtront sur la promenade des Artistes et à l’Espace culturel Georges-Émile-Lapalme de la Place des Arts à partir du 22 avril. Pendant deux semaines, les visiteurs pourront s’amuser à tenter de reproduire ces pas tirés du répertoire des BJM – Les Ballets Jazz de Montréal, qui célèbrent leur 40e anniversaire cette année.

Cette activité ludique s’inscrit dans le cadre de QUÉBEC DANSE, un événement piloté par le Regroupement québécois de la danse (RQD). Rencontre avec Marc Boivin, qui est le porte-parole de l’événement et le président du RQD, en plus d’être danseur, chorégraphe et enseignant.

Marc Boivin

Marc Boivin (photo: Michael Slobodian) et Trace chorégraphique 2011 (photo: Sylvain Légaré)

Qu’est-ce que QUÉBEC DANSE?

Il s’agit d’un événement né de la continuité d’un autre qui s’intitulait
Pas de danse, pas de vie et qui a eu lieu de 2005 à 2011. Dans sa formule bonifiée, il se déroule un peu partout au Québec, pendant plusieurs jours, menant au 29 avril qui correspond à la Journée internationale de la danse.

L’objectif est de faire connaître la danse sous toutes ses formes, de façon ludique, afin de créer des liens avec la population. C’est un temps pour faire les choses différemment. C’est pourquoi la danse se retrouve dans des lieux inusités comme sur des places publiques, dans des musées et des bibliothèques.

Comment la Trace chorégraphique permet-elle une rencontre entre la danse et le public?

Le premier contact se fait par les pas au sol, lesquels répondent à la volonté de marquer la présence de la danse dans l’espace public.

Il est ensuite possible, avec un téléphone intelligent, de lire un code QR (code-barres) pour visionner les danseurs des BJM interpréter les sept séquences. Les mouvements peuvent ainsi être déchiffrés, ce qui rend plus facile l’exécution des pas par la suite.

Et pour ceux qui voudraient vivre une expérience collective, je les invite
à venir donner le coup d’envoi de l’événement le 22 avril pour
« réchauffer la Trace »: rendez-vous à midi à l’Espace George-Émile-Lapalme. À ne pas manquer au même endroit le 29 avril à 11 h :
les danseurs des BJM qui interpréteront les traces !

Ce qui est proposé finalement, ce n’est rien de moins que de marcher sur les pas d’une compagnie de danse québécoise qui figure parmi nos plus fières ambassadrices dans le monde!

Trace-choregraphique-2011_Credit-Sylvain-Legare

Trace chorégraphique 2011 (photo: Sylvain Légaré)

Avez-vous l’impression que la danse n’est pas assez présente dans l’espace public ?

Je suis convaincu que cette discipline a une place plus grande à prendre dans la société à plusieurs niveaux; elle n’a pas encore atteint son plein potentiel.

Comme sa pratique demande des soins particuliers, c’est-à-dire un plancher résilient, des espaces sécuritaires et bien éclairés, il est plus difficile de la sortir des salles. Néanmoins, de plus en plus de créateurs trouvent des façons d’adapter leur travail  pour qu’il puisse être interprété dans des espaces extérieurs, tout en assurant la protection du corps des danseurs. En fait, il suffit d’imaginer et d’installer les paramètres qui vont permettre à la danse d’être là.

Quel serait votre conseil à celles et ceux qui veulent s’intéresser à la danse, mais qui n’y connaissent rien?

D’abord, il faut définir son envie par rapport à la danse: veut-on voir de la danse ou faire de la danse? Ensuite, l’idéal est de prendre le temps d’explorer plusieurs formes d’expression en allant voir le plus possible de spectacles pour découvrir le style qui nous plaît. Pour ceux intéressés par la pratique, cela permet d’orienter le choix des cours et des activités de danse. Les compagnies de danse, les écoles et plusieurs diffuseurs ont en effet une démarche artistique qui leur est propre et qui offre des couleurs particulières.

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Trace chorégraphique 2011 (photo: Sylvain Légaré)

Certains pensent que la danse contemporaine est réservée à une clientèle pointue. Qu’en pensez-vous?

Toute danse a son public, et vice versa, tout public peut s’identifier à une ou l’autre proposition chorégraphique.

Il existe de nombreuses et diverses prestations, du petit studio à la grande salle de spectacle, en passant par la danse de rue, celle de cabaret, etc.

Pour terminer, quand vous pensez au Quartier des spectacles, quelle image vous vient en tête?

C’est le cœur de l’activité des arts de la scène.

QUÉBEC DANSE

TRACE CHORÉGRAPHIQUE
Promenade des Artistes – du 22 avril au 5 mai
Espace culturel Georges-Emile-Lapalme – du 22 mai au 6 mai

Une cocotte géante sur la place des Festivals

Le Quartier des spectacles accueillera, du 25 au 28 avril, la foire d’art contemporain Papier 13. Dédiée exclusivement aux œuvres sur papier, elle regroupera sous un grand chapiteau 42 galeries de partout au Canada. Un rendez-vous très couru par les collectionneurs, mais aussi l’occasion pour les néophytes de découvrir l’art contemporain. Papier 13 – dont l’entrée est gratuite – offre même des visites guidées, des tables rondes et un catalogue en format guide pour démystifier la chose. Avis aux curieux donc !

Et vous aurez peut-être remarqué que le papier — dans sa forme conceptuelle – se déploie déjà sur la place des Festivals avec l’œuvre La Cocotte, qui a été créée spécifiquement pour l’occasion. Du haut de son socle, elle semble guetter l’arrivée de la foire. Rencontre avec son créateur, sélectionné par l’Association des galeries d’art contemporain pour ce projet : l’artiste Phil Allard.

Phil Allard et son œuvre La Cocotte

Qu’est-ce que La Cocotte?

C’est une sculpture conceptuelle inspirée de l’origami. Pour faire le lien avec Papier 13, qui présente uniquement des œuvres en papier, j’ai choisi de simuler des pliages, mais sur une feuille d’aluminium et à un volume hors d’échelle : l’oeuvre mesure huit pieds de haut. Son nom, Cocotte, fait référence au pliage le plus connu : la poule. Elle se veut également un hommage au quartier chinois qui est se trouve à jet de pierre du Quartier des spectacles ; cette forme de pliage étant très répandue dans la culture populaire chinoise.

Que pensez-vous des foires d’art contemporain ?

Elles jouent un rôle important pour faire connaître de multiples artistes et donner le goût de l’art au public, ce qui est d’autant plus essentiel ici. Au Québec, la demande ne suffit pas toujours du côté privé et des collectionneurs. Heureusement, les artistes en arts visuels ont la chance d’être appuyés par un système exceptionnel de bourses du Conseil des arts et un programme d’art public. Et des événements comme la foire Papier stimulent la demande auprès des collectionneurs, ce qui est bénéfique pour le marché de l’art.

Papier 12. Photo : Denis Beaumont

Exposez-vous normalement dans des galeries ?

J’ai plutôt l’habitude des installations in situ car mes œuvres sont monumentales. C’est d’ailleurs la troisième fois que mes œuvres sont exposées dans le Quartier des spectacles: en 2012, il y eu Fôret II, avec Justin Duchesneau, qui consistait en un assemblage de 800 palettes de bois, qui formait un mini-environnement dans lequel on pouvait entrer, s’asseoir, et… méditer. Et auparavant, j’avais fait une performance avec le collectif RGB: une manifestation contre l’abolition du registre des armes à feu. Nous avions conçu une fresque intitulée Art-peur (Harper) que nous avions « attaquée » avec des fusils paintball.

L’œuvre Forêt II de Philippe Allard et Justin Duchesneau, présentée dans le cadre des Escales Improbables de Montréal, 2012

L’art doit-il servir à faire passer un message ?

À mon avis, s’il n’y a pas de message, ce n’est pas la peine de créer. Mais celui-ci ne doit pas nécessairement porter sur des questions de société. J’ai été étiqueté comme un artiste environnemental, parce que j’ai beaucoup travaillé avec des objets de production industrielle comme des caisses de lait, ou des barils de pétrole par exemple, dont j’ai détourné l’utilisation pour souligner leur empreinte écologique. Mais en réalité, ce sont les idées qui m’animent. Je dirais donc que je suis davantage un artiste conceptuel. Une fois que l’idée est matérialisée, je passe à une autre.

Quel a été votre parcours pour devenir artiste ?

Ma formation est en design graphique. Je suis en quelque sorte un autodidacte en arts visuels. Je fais de la sculpture depuis plus de dix ans ; j’y suis venu naturellement je crois parce que je jouais beaucoup aux Legos lorsque j’étais enfant.

Pour terminer, quand vous pensez au Quartier des spectacles, quelle image vous vient en tête ?

Une fenêtre sur la culture montréalaise. C’est très chouette ce qui est arrivé là au cours des 3 dernières années. Il y a toujours quelque chose à découvrir. Je trouve aussi intéressant que de plus petits projets comme le mien puissent y être accueillis, car c’est un carrefour où convergent des milliers de personnes.

Papier 13
Du 25 au 28 avril
Jeudi 25 avril – soirée d’ouverture bénéfice
Du vendredi 26 au dimanche 28 avril – entrée libre

La Cocotte de Phil Allard
Du 1er avril au 1er mai

La Vitrine : un guide pour vos sorties culturelles dans le Quartier!

La Vitrine, connue aussi sous le nom de La Vitrine culturelle, est le guichet unique de la culture de Montréal. Située en plein cœur du Quartier des spectacles, à l’angle des rues Sainte-Catherine et Saint-Laurent, dans le 2-22, elle sert de centre d’information et de billetterie centralisée. Très présente sur le Web, elle propose le calendrier culturel le plus complet à Montréal.

Rencontre avec Nadine Gelly, directrice générale

Nadine Gelly, directrice générale de la Vitrine

Nadine Gelly, directrice générale de la Vitrine. Photo : Marie-Joëlle Corneau

Racontez-nous la genèse de La Vitrine?

Lors d’un colloque en tourisme culturel, il y a 15 ans, les intervenants ont émis le souhait que Montréal se dote d’une billetterie de dernière minute centralisée, à l’image de celle de New York. Le projet a fait son chemin au sein de Tourisme Montréal. En 2006, les pouvoirs publics ont décidé de le subventionner et en 2007, La Vitrine ouvrait ses portes. Entre-temps, le concept a beaucoup évolué pour mieux répondre aux besoins singuliers de notre métropole. Comme il y a ici un grand nombre de festivals et d’activités culturelles gratuites, il est apparu évident qu’il fallait un lieu d’information culturelle pour les Montréalais et touristes de passage. Aussi, dans l’objectif d’offrir un bon service à la clientèle et de promouvoir l’ensemble de l’offre culturelle – les touristes ne recherchant pas nécessairement des billets de dernière minute – nous avons décidé d’élargir notre mandat.

Que recherchent donc les touristes?

La plupart veulent vivre une expérience typiquement montréalaise. La question qui revient souvent est : « Qu’y a-t-il d’incontournable à faire ce soir? ». Le prix n’est pas l’élément le plus important dans leur choix.

Les billets de dernière minute sont plus populaires auprès de notre clientèle régulière locale. Elle en profite pour faire des découvertes; pour consommer plus de culture et en voir le plus possible avec l’enveloppe budgétaire qu’elle a réservée à cet effet.

Les touristes consomment-ils beaucoup de culture à Montréal?

Les chiffres officiels disent que plus de 35% des touristes consomment de la culture. Mais il y en a probablement plus car il est difficile de déterminer le nombre de visiteurs qui assistent à des spectacles ou activités gratuites pendant leur séjour. Nous veillons dans tous les cas à faire augmenter ce nombre.

La Vitrine, vue de l'extérieur

La Vitrine, vue de l’extérieur. Photo : Stéphan Poulin

Comment La Vitrine s’y prend-elle justement pour promouvoir l’offre culturelle montréalaise?

Nous nous immisçons partout pour toucher le consommateur culturel là où il se trouve.  La technologie est très utile pour cela; nous l’avons mise au service de la culture. Une base de données pour le calendrier culturel a d’abord été conçue, qui est maintenant déployée sur de nombreux sites, dont celui du Quartier des spectacles.

Ensuite, des applications mobiles ont été développées; nous en sommes à la troisième génération déjà!  L’actuelle offre la réalité augmentée. Celle-ci permet de connaître la programmation d’un lieu, depuis la rue, seulement en plaçant le capteur de son téléphone intelligent devant.

Nous sommes aussi très présents dans tous les sites et guides touristiques et avons des ententes avec plusieurs journaux, bars et restaurants. Les concierges d’hôtels et centres d’Infotouriste nous référent de plus en plus leurs clients. Cela démontre bien que La Vitrine est désormais la référence pour l’information sur l’offre culturelle.

C’est notamment dû au fait que nous offrons une prise en charge complète du consommateur, qui peut non seulement acheter ses billets ici – nous avons tous les systèmes de gestion de billetterie –, mais également obtenir de l’information et se faire conseiller. Nos agents culturels sont effectivement des gens du milieu culturel ou qui connaissent bien la culture. Ils bénéficient d’une formation continue en étant invités à tous les spectacles et à des séances d’information par les festivals. Ils sont donc à même de bien aiguiller le consommateur.

Quel est le lien entre La Vitrine et le Quartier des spectacles?

Ils sont nés un peu en même temps et sont complémentaires. Avec le foisonnement d’événements culturels dans le Quartier, il était primordial qu’il y ait là un point d’information. La Vitrine, située à l’angle des « main », est en quelque sorte la porte d’entrée du Quartier et son phare. Inversement, cet emplacement stratégique nous amène vraiment beaucoup de visiteurs.

Un projet à venir, pour lequel le ministre de la Culture a annoncé son accord de principe le 25 mars dernier, permettra au 2-22 de s’intégrer dans la Parcours lumière du Quartier. Il révèlera le plein potentiel de l’immeuble en le dotant entre autres d’un système d’affichage culturel. Un beau complément au catalyseur créé par Moment Factory, qui permet déjà de mettre en valeur la programmation culturelle à l’intérieur de façon tout à fait novatrice.

Le catalyseur, créé spécifiquement pour La Vitrine par Moment Factory, suscite de l’intérêt partout dans le monde. Euronews aura bientôt le sien.

Vous œuvrez depuis longtemps dans le secteur touristique.
Quelle est la force de Montréal? Et à l’inverse, lui manque-t-il quelque chose?  

Les gens viennent ici pour l’ambiance, qui est festive et décontractée.  L’offre gastronomique est également de plus en plus réputée. Mais il faudrait que nous, Montréalais, aimions plus notre ville et en soyons fiers, afin de la faire rayonner encore davantage.

Pour terminer, quand vous pensez au Quartier des spectacles, quelle image vous vient en tête?

Le festival du sourire. Quand je sors de mon stationnement à la Place des Arts, je vois la place des Festivals : l’été, il y a toujours de l’animation autour des fontaines, avec des grands comme des petits qui s’y amusent, et l’hiver, ça se passe autour des installations de Luminothérapie.

La Vitrine
2 Rue Sainte-Catherine Est, Montréal, QC H2X 1K4
Téléphone : (514) 285-4545

Quand développement durable rime avec culture dans le Quartier des spectacles

Inaugurée en octobre 2011, la Maison du développement durable rencontre non seulement les plus hauts standards environnementaux en matière de construction, c’est également un lieu d’échanges sur tout ce qui se touche le développement durable dont la culture (oui, oui!).

Rencontre avec Amélie Ferland-Dufresne, directrice des communications et de la programmation.

Amélie Ferland-Dufresne devant le mur végétal. Photo : Marie-Joëlle Corneau // Façade de la Maison du développement durable. Photo : Bernard Fougères

Pourquoi avoir créé une Maison du développement durable?

Il s’agit de l’aboutissement d’un rêve d’Équiterre. Les employés et bénévoles d’Équiterre travaillaient dans des bureaux situés dans un centre industriel à côté d’un chemin de fer : il y avait des problèmes de qualité de l’air et d’infiltration d’eau, entre autres. Équiterre a décidé de faire de son déménagement un projet éducatif. Il s’est associé avec d’autres groupes environnementaux et sociaux du Québec pour réaliser un bâtiment écologique démonstratif. Dix années ont été nécessaires pour trouver un terrain, le financement et les professionnels pour ériger le bâtiment.

Que souhaitez-vous démontrer avec ce bâtiment?

On veut inspirer les décideurs et acteurs du milieu de la construction en montrant qu’il est possible de construire de façon écologique à des coûts compétitifs et qu’en utilisant les technologies environnementales de l’heure, on peut même faire des économies à long terme. La Maison du développement durable ne reçoit pas de facture de chauffage ni de climatisation, grâce à ses puits géothermiques. De même, son isolation thermique supérieure, sa gestion automatisée de l’éclairage – il y a des détecteurs de présence et de luminosité –  et le toit vert, permettent une consommation énergétique minime, donc de réduire nos frais. Ensuite, avec nos bassins collecteurs de pluie, nous pouvons compter sur des réductions de plus de 50% pour l’eau potable et les eaux usées.  Avec notre mur végétal, nous avons un assainisseur d’air naturel. Bref, les exemples ne manquent pas!

L’Atrium. Le lobby constitue un espace exceptionnel avec sa baie vitrée de 5 étages. Photo : Bernard Fougères // Salle Clark. Cette vaste salle est décorée d’une immense fresque réalisée par l’artiste Marie-Claire Blais. Photo : Bernard Fougères

Et comment faites-vous connaître cela?

Nous proposons des visites guidées. Il y en a eu plus de 1 000 jusqu’à maintenant. Des architectes, des ingénieurs, mais aussi des citoyens intéressés par les questions de développement durable y participent. Deux formules sont proposées: il y a des visites gratuites sur inscription tous les vendredis, et des visites pour des groupes peuvent aussi être organisées sur demande.

Pour ceux qui préfèrent partir à la découverte de façon autonome, il existe un parcours d’interprétation qui comprend neuf bornes, dont quatre interactives, expliquant chacun des éléments de la construction ainsi qu’une matériauthèque pouvant inspirer les citoyens comme les constructeurs.

Et puis, au printemps, nous espérons recevoir la certification LEED platine, qui est la plus élevée dans le domaine et qui prend en compte autant la performance environnementale que sociale. Cela devrait faire parler de nous puisque nous serons le premier bâtiment commercial nouvelle construction portant cette certification en milieu urbain au Québec.

Le toit vert. Photo : Bernard Fougères.jpg

Et pourquoi avoir choisi de vous installer dans le Quartier des spectacles?

La culture est maintenant officiellement reconnue comme 4e pilier du développement durable par le secrétariat mondial de Cités et Gouvernements Locaux Unis au même titre que le développement social, l’économie et l’environnement. D’ailleurs, la Ville de Montréal a adopté, en 2011, une déclaration à cet égard qui se décline en deux aspects, soit de soutenir le développement du secteur culturel et de garantir que la culture occupe une place légitime dans l’ensemble des politiques publiques municipales.

Il était donc pertinent que la Maison du développement durable s’intègre dans le cœur culturel de Montréal pour notamment organiser des activités en lien avec la vocation du Quartier. L’art est un moyen de sensibilisation universelle qui nous permet d’offrir un lieu de diffusion pour soutenir les artistes d’ici et de rejoindre un nouveau public.

La Maison du développement durable et Explora ont présenté, du 9 janvier au 5 février 2013, La mémoire de l’eau, une exposition photographique qui témoigne des impacts des changements climatiques ici et maintenant, et de la relation ambigüe entre l’homme et la nature. Photo: Valérian Mazataud

Parlez-moi des activités que vous organisez.

La programmation est destinée aux experts, aux élus, aux citoyens ainsi qu’aux travailleurs et étudiants du Quartier. C’est pour attirer ces derniers que nous proposons beaucoup d’activités sur l’heure du midi. Il y a des débats, des conférences et des ateliers sur des enjeux d’actualité,  que nous organisons en partenariat avec les membres de la Maison du développement durable, afin de faire profiter le public de leur expertise. À venir, en partenariat avec Amnistie internationale, il y a une conférence sur les entreprises minières canadiennes au Guatemala,  et avec Équiterre, une conférence où on s’interrogera sur la pertinence et l’avenir du commerce équitable. À la fin avril, un « Trucs et troc printanier », permettra aux gens d’échanger leurs vêtements et objets, et de profiter d’un service d’altérations gratuit offert par des écodesigners.

Et bien entendu, nous proposons des activités culturelles. Tous les mois, il y a une nouvelle exposition gratuite dans l’atrium. Actuellement, c’est une exposition photo sur les réfugiés climatiques d’un archipel en péril dans la mer des Caraïbes, et le mois prochain, une autre exposition présentera un camp minier en Bolivie. L’objectif est de mettre en valeur des thématiques de développement durable en encourageant artistes et photoreporters.

Je dois dire que ça fonctionne plutôt bien, car tous les événements de 2013 ont affiché complet.  Et le potentiel de développement est énorme : la Maison a été inaugurée il y a 14 mois seulement…

Pour terminer, quand vous pensez au Quartier des spectacles, quelle image vous vient en tête?

La culture et la foule sur la Place des Arts, car c’est la vue magique que j’ai de mon bureau.

Maison du développement durable
50, Sainte-Catherine Ouest
Montréal, QC, H2X 3V4

Furco : nouveau rendez-vous incontournable dans le Quartier des spectacles

Le Furco, c’est l’adresse branchée du moment dans le Quartier des spectacles. Ouvert depuis quelques mois seulement, ce bar attire des foules venues des quatre coins de Montréal.

Rencontre avec Simone, Jean-François et Joëlle, trois des sept associés derrière cette réussite.

Jean-François et Simone. Photo: Marie-Joëlle Corneau

Comment vous est venue l’idée d’ouvrir un bar dans le Quartier?

Simone : C’est le local qui a d’abord inspiré le designer Zébulon Perron. Il souhaitait créer un endroit un peu dans l’esprit de ce qu’on retrouve à Berlin : un mélange industriel-chic et cet ancien entrepôt de fourrure [d’où le nom qui est une contraction de: Fur & company] était parfait pour cela. Il s’est ensuite tourné vers les associés de la Buvette pour réfléchir au concept et nous avons, à notre tour, fait appel à Jean-François pour gérer le lieu.

Quel est le concept du Furco?

Simone : C’est un bar où l’on mange bien. Un endroit sans prétention où la qualité des produits est de mise. Michel Bergeron, qui s’occupe de la carte des vins, s’efforce de trouver de beaux produits accessibles à tous, et la même logique est appliquée au menu.

Joëlle (chef) : J’essaie autant que possible de mettre en valeur des produits de saison et locaux, mais ce n’est pas toujours facile en hiver. Je renouvelle les plats toutes les semaines. L’assiette de charcuterie et de fromages, ainsi que nos fameuses frites, sont les seuls qui restent en permanence au menu. Et pour bien coller à l’esprit de convivialité que nous souhaitions imprégner au lieu, les portions sont à mi-chemin entre les tapas et le plat, permettant de partager à plusieurs, et ainsi de pouvoir goûter à plus d’un plat chacun.

Jean-François : L’ambiance diffère beaucoup d’un soir à l’autre et d’une période de la soirée à l’autre. En début de soirée et de semaine, on se sent comme dans un bar de quartier, alors que viennent surtout les gens qui se rendent à des spectacles et les travailleurs du Quartier en provenance des nombreuses entreprises culturelles environnantes. La fin de semaine, après 22 h, il y a davantage une ambiance festive.

Joëlle aux commandes de la cuisine. Photo: Marie-Joëlle Corneau

La clientèle varie donc beaucoup d’un soir à l’autre?

Jean-François : Oui et il y a toujours une belle mixité : tous les styles et âges se côtoient. Nous faisons en sorte de varier les expériences, par le choix de la musique notamment : le vendredi, nous faisons jouer uniquement du rock, alors que le samedi, il y a plus d’électro.

Simone : Mais nous savons que nous n’avons pas beaucoup de pouvoir sur ce que deviendra le Furco dans le futur. Dès qu’on ouvre un endroit, on est en quelque sorte dépossédé. L’ambiance est forgée par ceux qui le fréquentent. On remarque d’ailleurs que les restaurants et les bars se transforment suivant des cycles d’environ deux ans.

Photo: Marie-Joëlle Corneau

Les jeudis et vendredis, il y a toujours une longue file d’attente dès 17 h. Vous attendiez-vous à une telle réussite?

Simone : Cela va bien au-delà de nos espérances. À un mois de l’ouverture, alors que nous venions ici tous les jours, nous avions commencé à avoir des craintes par rapport au fait qu’il n’y a rien autour. Le bar est effectivement un peu en retrait dans une rue où il n’y avait pas un chat après 18 h. Les gens n’avaient pas vraiment l’habitude de sortir dans le coin. On se demandait : cela sera-t-il avantageux ou désavantageux? Viendront-ils parce qu’il n’y a rien ou ne viendront-ils pas parce qu’il n’y a rien? La réponse, on la connaît désormais…

Jean-François : Maintenant, nous faisons en sorte de nous ajuster face à cet engouement, pour que tout soit bien organisé et précis. Et nous allons ouvrir les dimanches à partir du mois d’avril.

Vous n’avez fait aucune promotion. Votre page Web est on ne peut plus minimaliste. Comment expliquez-vous votre succès?

Jean-François : Nous avons tous un gros réseau. Que le Furco ait été lié à la Buvette chez Simone a aussi contribué au buzz initial. Il faut dire qu’avec les réseaux sociaux, l’information circule vraiment rapidement.

Simone : Le plaisir que nous avons à travailler avec des gens que nous aimons pour des clientèles que nous aimons se ressent probablement. Je crois aussi que le fait que Jean-François et Joëlle soient toujours présents contribuent à donner de l’âme au lieu, à l’habiter. Cela fait à mon avis toute la différence lorsqu’on est servi par les patrons d’un établissement.

Photo: Marie-Joëlle Corneau

Prévoyez-vous ouvrir d’autres endroits?

Peut-être, mais si c’est le cas, ce sera quelque chose de différent. C’est une préoccupation que nous avons eue lorsque nous avons ouvert ici : c’était important pour nous que ce ne soit pas une succursale de la Buvette.

À suivre donc…

Bar Furco, 425 Mayor, Montreal, QC. 514-764-3588
Ouvert du lundi au samedi de 16h à 3h (Cuisine 17h00 à minuit)