Le génie de Norman McLaren célébré dans le Quartier des spectacles

Norman McLaren est l’un des plus grands cinéastes d’animation au monde. Picasso aurait dit en voyant un de ces films : « Enfin quelque chose de nouveau dans l’art du dessin ! ». Pourtant, tous ne connaissent pas son œuvre. Pour souligner le 100e anniversaire de sa naissance, l’Office national du film du Canada (ONF) et le Partenariat du Quartier des spectacles ont donc décidé de lui faire une grande place au cœur de la ville. Du 11 avril au 1er juin, sept façades de vidéoprojection du Quartier seront animées par des créations contemporaines inspirées de son œuvre et une huitième présentera un survol de ses films phares.

Parmi ses sept lieux, quatre présentent des films lauréats d’un concours international (voir encadré) et trois, se font le théâtre d’œuvres interactives majeures signées par des artistes montréalais.

Rencontre avec les artistes derrière ces œuvres interactives: le cinéaste d’animation Theodore Ushev avec Iregular, les artistes multidisciplinaires Melissa Mongiat et Mouna Andraos de Daily tous les jours et le musicien et DJ Kid Koala avec Mike Wozniewski de Hololabs.

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Mélissa Mongiat, Mouna Andraos, Theodore Ushev, Mike Wozniewski, Daniel Iregui, Kid Koala. Photo : Pedro Ruiz

Diagonales Le Pigeon

Diagonales. Photo : Le Pigeon

Diagonales
Theodore Ushev et Iregular
Inspirée des films Lignes verticales (1960), Lignes horizontales (1962) et Synchromie (1971)
Grande Bibliothèque

Quel est le concept de Diagonales?

Nous avons créé un monolithe, une sorte d’intelligence artificielle à la 2001, l’Odyssée de l’espace. Installé devant la Grande Bibliothèque, les gens peuvent le gratter, le toucher, le frapper pour activer les projections et le son. À la blague, je dis que c’est un peu le cerveau de McLaren, car il permettra de générer sans fin des combinaisons de sons et d’images uniques. McLaren grattait ses pellicules pour créer ses films; le public pourra gratter le monolithe pour créer à son tour.

Diagonales est une œuvre monumentale…

Pour symboliser le génie de McLaren, nous voulions présenter une œuvre énorme. La structure en acier brut pèse 1 tonne et mesure trois mètres de haut. Les projections se font sur deux façades de la Grande Bibliothèque. C’était important pour nous de faire ressentir l’énergie qu’il y a à l’intérieur du lieu, de faire sortir ce dynamisme à l’extérieur, avec l’œuvre.

Que représente Norman McLaren pour vous?

Theodore : Je suis cinéaste à l’ONF et nous ressentons toujours son influence. Il a tout dicté. Son apport est extraordinaire. Pas seulement pour ceux qui font de l’animation, mais pour tous les cinéastes. C’est un grand honneur de pouvoir lui rendre hommage de la sorte.

McLarena Martine Doyon

McLarena. Photo : Martine Doyon

McLarena
Melissa Mongiat et Mouna Andraos de Daily tous les jours
Inspirée par le film Canon (1964)
Abords du métro Saint-Laurent

Pourquoi avoir choisi le film Canon réalisé par McLaren et Grant Munro?

Dans Canon, on découvre par l’image le principe du canon musical. La troisième partie du film, où l’on voit Munro faire des mouvements qui sont répétés, nous a fascinées. Cela nous a donné l’idée de permettre au public de reproduire la chorégraphie sous le principe du téléphone arabe.

Dans McLarena, vous conviez donc les gens à une grande chorégraphie interactive en canon?

Tout à fait. Nous voulons recréer, dans la rue, le film Canon avec le public! Un studio d’enregistrement a été aménagé dans un conteneur qui est installé aux abords du métro Saint-Laurent. En résultera une sorte de Macarena, d’où le nom de notre œuvre. La première personne à entrer dans la danse reproduira la chorégraphie de Grant Munro. La suivante imitera les gestes de la personne qui l’a précédée et ainsi de suite. Nous avons souhaité jouer avec la notion d’erreur, qui est présente dans le travail de McLaren. Mais l’extrait montrant la chorégraphie originale sera régulièrement intégré dans la boucle afin que la danse initiale ne soit pas complètement dénaturée.

Vous avez par ailleurs réaménagé les abords du métro Saint-Laurent.

Oui. Nous avons souhaité créer un îlot de convivialité, en ayant un peu en tête ce que nous avons réussi à faire sur la promenade des Artistes avec les 21 Balançoires. Il y aura une petite terrasse afin que les gens puissent regarder l’œuvre confortablement. Le métro Saint-Laurent est un lieu de passage, qui avait besoin d’un peu d’amour. Il fallait trouver une façon pour que les gens choisissent de s’y arrêter.

Phonophotopia Martine Doyon

Phonophotopia. Photo : Martine Doyon

Phonophotopia
Kid Koala et Mike Wozniewski de Hololabs
Inspirée par le film Dots (1940)
Théâtre Maisonneuve

Comment fonctionne Phonophotopia?

Mike Wozniewki : Le principe est de créer des sons avec des images, comme le faisait McLaren. Le public est invité à déposer des objets sur un convoyeur  qui symbolise la bande d’un film, lequel est situé sur l’Esplanade de la Place des Arts. Ces objets voyagent sur cette surface roulante jusqu’à un senseur qui déclenche une note. Une image est aussitôt projetée sur la façade du Théâtre Maisonneuve. L’endroit où l’objet est placé sur le tapis roulant, le nombre d’objets et leur couleur déterminent les notes qui seront entendues. Le public pourra ainsi s’amuser à « contrôler » les sons et les images. Nous souhaitions que la chose soit très expérimentale pour le public.

Pourquoi avez-vous choisi Dots comme inspiration?

Kid Koala : Avec ce film, McLaren a exploré la notion de son optique. C’était encore très expérimental et il a été un pionnier dans le domaine. En grattant la pellicule, il a découvert qu’il pouvait influencer non seulement l’image, mais également le son. Comme j’utilise le scratch en tant que D.J., cela me parlait vraiment.

Vous avez composé la trame sonore. Comment se différencie-t-elle de vos œuvres habituelles?

Kid Koala : Je suis habitué à faire danser les foules dans les clubs! Cette fois, je créais une pièce pour ma première installation d’art public en plein centre-ville. J’ai voulu composer quelque chose de calme, d’atmosphérique, de méditatif. C’était important pour moi de ne pas agacer les gens.

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Photos : Martine Doyon

Quatre œuvres internationales

À la suite d’un concours international lancé par l’ONF et le Quartier des spectacles, quatre œuvres ont été choisies pour être projetées dans le cadre de l’événement McLaren Mur à mur : Color.rythmetic de Christo Guelov (Espagne) à la place de la Paix, The Baby Birds of Norman McLaren de Mirai Mizue (Japon) au Centre de design de l’UQAM, Co existence de Léna Babadjian (France) au cégep du Vieux Montréal et Dix anagrammes autour de Norman McLaren de Delphine Burrus (France) au clocher de l’UQAM. Par ailleurs, sur le pavillon Président-Kennedy de l’UQAM, Panorama présentera des extraits de neuf œuvres phares de McLaren.

 

McLaren Mur à mur
Du 11 avril au 1er juin

Publié le 11 avril

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Duceppe : fin de saison spectaculaire

Le Théâtre Jean-Duceppe clôt la saison qui souligne son 40e anniversaire avec Les liaisons dangereuses, une pièce de Christopher Hampton, qui mettra en vedette Julie Le Breton, Éric Bruneau et Magalie Lépine-Blondeau. L’œuvre, présentée du 9 avril au 17 mai, nous parle de l’insoutenable légèreté de l’être et est, selon le metteur en scène Serge Denoncourt, extrêmement troublante.

Rencontre avec Louise Duceppe, directrice générale chez Duceppe.

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Photo Les Liaisons dangereuses (François Brunelle) et Louise Duceppe (Marie-Joëlle Corneau)

Parlez-nous des Liaisons dangereuses.

C’est une pièce dérangeante qui montre l’humain dans ce qu’il a de plus laid. C’est un jeu complètement cruel qui se déroule sur scène entre des personnages qui n’ont aucune morale. Et ça va très loin! Le metteur en scène Serge Denoncourt a décidé de transposer la pièce dans un contexte plus moderne. Alors que celle-ci est basée sur le roman de 1782 de Pierre Choderlos de Laclos, Serge a campé l’intrigue en 1949, en France, lors de l’apparition du New look créé par Christian Dior et caractérisé par des tailles cintrées et des jupes amples sous les genoux. Ce qui est étonnant, c’est que nous n’avons changé que trois mots dans le texte. Tout fonctionnait.

Pourquoi cette époque en particulier?

Parce qu’on voit rarement cette époque sur scène et même au cinéma. Lorsqu’on la voit, c’est souvent le contexte des moins nanties qui est mis de l’avant. Avec cette pièce, on montre l’aristocratie, le spectaculaire. Côté mode, après les privations imposées par la Seconde Guerre mondiale, c’était l’opulence. Ça a permis à François Barbeau de créer des costumes à couper le souffle. Nous allons d’ailleurs inviter le public, sur Facebook, à voter pour sa création favorite. C’est excitant également pour les comédiens qui n’ont pas souvent la chance de jouer avec de tels costumes.

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Julie Le Breton et Éric Bruneau. Photos : François Brunelle

Vous avez fait des têtes d’affiche connues dans les distributions votre marque de commerce…

Notre marque de commerce, c’est l’émotion sur scène. On rit, on pleure, et jamais à moitié. Des acteurs connus, il y en a dans tous les théâtres ; les petits comme les grands. Dans une production, il y a toujours des têtes d’affiche, qui aident à ce qu’on parle du spectacle, puis des visages moins connus. Aujourd’hui, il y a beaucoup d’acteurs qu’on voit sur scène et à l’écran. La majorité des acteurs vous dira cependant qu’il n’y a rien de plus excitant que de jouer au théâtre.

Vous revendiquez le statut de théâtre populaire. Quelle est la recette ?

Il n’y a pas de recette. Nous nous adressons simplement à un large public. Quand nous mettons un spectacle à l’affiche, nous devons viser au moins 20 000 spectateurs, alors il faut faire des choix en conséquence. On ne se prend pas la tête en venant à Duceppe, mais ça ne veut pas dire qu’on fait des compromis sur le propos et la démarche. Il faut aussi être constant en ce qui concerne la qualité des spectacles offerts. Mais chaque fois, il faut reconquérir le public. Ce qu’on remarque, c’est que les spectateurs aiment les pièces québécoises. Ils s’y reconnaissent. Je suis fière de dire qu’il y en a eu beaucoup ici dont plusieurs créations. En 40 ans, nous avons créé 40 pièces. Nous tentons aussi de donner de la place à de jeunes metteurs en scène, scénographes ou interprètes.

Vous tenté également d’attirer un public plus jeune…

Oui. Il faut penser à renouveler le public. Quand les jeunes viennent nous voir, ils apprécient toujours leur expérience. La difficulté, c’est de les attirer. Les samedis, à 20 h 30, nous proposons pour cette pièce le billet à 30 $ (tous frais compris, incluant une consommation dans une brasserie) pour les 30 ans et moins. En vivant l’expérience, ils réalisent qu’un spectacle sur scène ne se compare à rien d’autre. Nous organisons aussi des matinées scolaires avec des élèves du secondaire issus d’écoles défavorisées.

Vous rejoignez aussi le public avec des conférences gratuites.

Oui. Dans l’Espace culturel Georges-Émile-Lapalme, nous organisons les Causeries réconfortantes le Lait, en lien avec nos pièces, et les Midis Duceppe 101, sur les secrets du métier. Serge Denoncourt, Julie Le Breton, Éric Bruneau et Magalie Lépine-Blondeau participeront à la dernière causerie de la saison (17 avril à 17 h). Le prochain Midi Duceppe 101 (7 mai à 12 h 15) portera sur l’élaboration d’une saison de théâtre et la mécanique d’un lancement de saison.

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Causerie autour de L’esprit de famille

Quelle image vous vient en tête quand vous pensez au Quartier des spectacles?

Je suis à Duceppe depuis les débuts. J’ai vécu les travaux qui ont mené à ses magnifiques espaces extérieurs. Je ne nierai pas que ce furent des années difficiles pour nous, mais je me réjouis aujourd’hui d’être au sein d’un quartier aussi effervescent avec des activités, des spectacles, des installations et une offre de restauration alléchante.

Théâtre Jean-Duceppe
175, rue Sainte-Catherine Ouest

Publié le 04 avril 2014

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Monument-National: un pilier culturel depuis plus de 100 ans

On passe souvent devant le magnifique bâtiment du Monument-National sans trop connaître toutes les histoires que ce lieu renferme. À l’intérieur des murs de l’institution, on s’affaire, tout comme aux débuts il y a près de 125 ans, à diffuser des spectacles de toutes les disciplines.

Rencontre avec Félix Martel, directeur du Monument-National

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Photo du Monument-National : Martine Doyon

Inauguré en 1893, le Monument-National est le plus vieux théâtre encore en activité au Canada

En effet. Il a d’abord été imaginé pour être un lieu de diffusion de la culture canadienne-française, mais il a aussi été un haut lieu des cultures anglophone, chinoise, juive… Mais le Monument a connu une période de désamour – il a même failli être démoli – mais aujourd’hui, c’est redevenu un lieu de diffusion majeur et pluridisciplinaire, avec quatre salles de tailles différentes permettant une grande diversité de spectacles.

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Salle Ludger-Duvernay

Qu’est-ce qui a sauvé le Monument-National?

Le Monument-National a été déclaré «bien culturel classé» en 1976 et l’École nationale de théâtre du Canada en a fait l’acquisition alors qu’il ne servait pratiquement plus à la diffusion. Le théâtre était tellement en mauvais état qu’il n’était pas apte à recevoir le public. L’École a réussi à obtenir du financement pour la rénovation. On a rouvert en 1993 pour le 100e anniversaire.

Que présente-t-on au Monument-National?

Toutes les disciplines des arts de la scène. Nous présentons évidemment beaucoup de théâtre puisque l’École de théâtre est propriétaire des lieux. La danse est aussi bien représentée. Tangente diffuse chez nous 15 semaines par année. Il y a aussi beaucoup de festivals au printemps et à l’été ; le FTA étant l’un des plus importants avec quatre spectacles cette année. Nous proposons aussi de la musique : au printemps, le public pourra voir un opéra contemporain : Le rêve de Grégoire (15 au 17 mai).

En mai, nous accueillerons une résidence en cirque. Les créations qui en résulteront seront ensuite diffusées au Monument et sur les places publiques du Quartier des spectacles.

L’humour occupe également une place importante. André Sauvé sera ici du 18 au 26 juillet et Boucar Diouf les 14 et 15 novembre. Emmanuel Bilodeau présentera son premier spectacle solo du 25 au 27 septembre. La salle Ludger-Duvernay est très prisée pour «lancer» des humoristes.

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André Sauvé, Boucar Diouf et Emmanuel Bilodeau

Le Monument-National est aussi un lieu de tournage intéressant, comme on l’a vu lors du gala des Jutra, le 23 mars dernier.

Oui. Il fut une époque où plusieurs galas télévisés se faisaient ici. Dans les années 1990, par exemple. Notre salle s’y prête très bien comme nous avons de l’espace pour la technique et les caméras. De plus, c’est très télégénique. Pour des raisons de budget, certains galas ont été présentés en studio dans les dernières années. Mais de plus en plus, on sent une volonté de revenir dans les salles.

On tourne aussi ici l’émission Deux hommes en or, diffusée à Télé-Québec, qui reviendra pour une deuxième saison à l’automne. C’est une belle occasion d’accueillir le public chez nous et l’espace est vraiment mis en valeur.

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Tournage de Deux hommes en or. Photo : Éric Myre

Qu’est-ce que la présence de l’École nationale de théâtre implique exactement?

Ça implique qu’une partie des espaces est réservée aux activités de l’École et aux productions des finissants. Il y a aussi, entre nos murs, des ateliers pour les décors et les costumes et accessoires. Annuellement, trois créations des étudiants sont présentées au public dans la salle Ludger-Duvernay et cinq dans le Studio Hydro-Québec. Cela permet aux finissants de produire leurs spectacles dans un lieu professionnel aux qualités exceptionnelles. Le Monument-National est donc un lieu de diffusion, mais aussi un lieu d’apprentissage et de production. Et nous accordons une large place à l’émergence et à la relève. C’est une grande maison ouverte.

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Salle des costumes

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Salle de répétition

Vous ouvrez d’ailleurs vos portes au public pour la visite guidée du Quartier des spectacles…

Oui, nous l’avons fait l’année dernière pour la première année des visites et nous renouvèlerons l’expérience cette année. Comme le Monument-National a une portée historique importante, nous jugeons qu’il est important que le public y ait accès. Cela lui permet entre autres de voir l’exposition permanente sur les 100 premières années du théâtre qui furent riches en événements de toute sorte.

Le Monument-National a aussi été l’un des premiers à intégrer le Parcours lumière du Quartier des spectacles…

Nous avons inauguré l’éclairage qui met en valeur notre façade en octobre 2009. Presque cinq ans plus tard, ça tient toujours la route et ça émerveille toujours autant les passants. Le Monument-National est une icône dans le Parcours lumière grâce à la stature et la prestance du bâtiment et à la qualité de la conception de sa mise en lumière architecturale.

Coop FŽdŽrŽe CoopŽrateur Novembre 2009 Marie-JosŽe Legault St-Hyacinthe, BNPhoto : Martine Doyon

Quelle image vous vient en tête quand vous pensez au Quartier des spectacles?

Un haut lieu de la culture et du divertissement.

Pour en savoir plus sur l’histoire du Monument-National, cliquez ici.

Monument-National
1182, boulevard Saint-Laurent

Publié le 27 mars 2014

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FIFA : des cinéastes en art !

Pour une 32e année, le Festival international du film sur l’art (FIFA) fera rayonner le talent de réalisateurs ayant posé leur caméra sur des créateurs et des œuvres. Avec près de 300 films présentés, le FIFA est le plus important festival du genre dans le monde et propose des courts et longs métrages pour tous les goûts. Dans le Quartier des spectacles, pas moins de six lieux de diffusion sont associés au Festival. C’est parti pour dix jours de découvertes!

Rencontre avec René Rozon, fondateur et directeur général du FIFA.

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René Rozon. Crédit photo: Gunther Gamper

Quelle est la raison d’être du FIFA?

Le but premier est de développer, auprès du public, la connaissance et l’appréciation de l’art. On peut passer rapidement devant une œuvre d’art, mais un film sur l’art nous amène au cœur de l’œuvre, nous permet de comprendre la pensée de l’artiste. Le FIFA vise aussi à encourager les artisans de films sur l’art qui travaillent d’arrache-pied, mais dont les films sont souvent peu vus.

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Les chercheurs d’art d’Anne-Marie Tougas

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Le cri d’Armand Vaillancourt de Jacques Bouffard

La programmation est-elle ouverte aux novices comme aux érudits?

Tout à fait. Le but de chaque film est de faire connaître un artiste, une démarche, une œuvre. On peut sans problème aller voir un film sur un artiste qu’on ne connaît pas. Habituellement, nous présentons les films en programme double. Donc même si on connaît le sujet du premier film, il est fort probable que le second soit une découverte. C’est ce sur quoi nous misons.

Le FIFA, c’est aussi une compétition internationale…

Oui, je dis souvent que le FIFA est le Cannes du film de l’art. Cette année, 38 films sont en compétition. Du lot, cinq viennent du Québec : Les chercheurs d’art d’Anne-Marie Tougas, qui traite des collectionneurs d’art, Le cri d’Armand Vaillancourt de Jacques Bouffard, en première mondiale, sur le célèbre sculpteur et peintre québécois, Les États inventés d’Amérique d’Alberta Nokes, sur le photographe Pierre Guimond, Le Vertige de l’étoile d’Éric Côté et Jean-Pierre Dussault, sur le danseur étoile du National Ballet of Canada Guillaume Côté et Une Chaise pour un ange de Raymond St-Jean, sur l’héritage culturel des Shakers, une communauté religieuse du 19e siècle reconnue pour la pureté de ses créations en architecture, en chant et en design,

LES ETATS INVENTES D'AMERIQUE
Les États inventés d’Amérique d’Alberta Nokes

Une chaise pour un ange
Une Chaise pour un ange de Raymond St-Jean

Le FIFA propose 270 films en 10 jours. Comment les festivaliers peuvent-ils s’y retrouver?

Le public a un petit effort à faire. Mais nous lui avons facilité la tâche en créant, sur notre site web et dans notre programme papier, un index de sujets. Aucun festival ne fait ça! Les films sont ainsi classés par thèmes (musique, architecture, design, danse, photographie, etc.). On peut donc s’inspirer et choisir selon ses intérêts.

Edith Piaf Amoureuse
Édith Piaf amoureuse

Que faut-il surveiller dans cette riche programmation?

Dans le Quartier des spectacles, il y a en musique, le film Édith Piaf amoureuse (21 mars à 21 h – Place des arts et 29 mars à 13 h 30 – Cinémathèque québécoise) présente des archives précieuses de la légende française. Aussi, Jacques Brel, dernière ligne droite aux Marquises (22 mars à 13 h 30, – Place des Arts et 27 mars à 21 h – Cinémathèque québécoise), traite de la rupture de l’artiste belge avec la chanson.

Jacques Brel, derniere ligne droite

Jacques Brel, dernière ligne droite aux Marquises

Pour les amateurs de cinéma, Bardot, la méprise (22 mars à 21 h – Place des Arts et 30 mars à 16 h – Cinémathèque), est un très beau film d’auteur sur la célèbre Brigitte Bardot. C’est très franc. Nous présentons aussi à la Cinémathèque une série nommée Il était une fois qui replace certains classiques dans le contexte historique dans lequel ils ont été réalisés. Il est question des films La Dolce Vita, Le Ruban Blanc, Les enfants du Paradis et La règle du jeu.

Die Katedrale 2 13
Le défi des bâtisseurs

Cette année, nous avons ajouté un volet bande dessinée. La série BDQC (21 mars à 18 h 30 – Place des Arts), animée par Sophie Cadieux, présentera le travail des bédéistes Jean-Paul Eid, Michel Rabagliati et Thierry Labrosse. En architecture, Le défi des bâtisseurs (23 mars à 18 h 30, et 30 mars à 16 h – l’UQAM) nous fait découvrir les défis derrière la construction de la cathédrale de Strasbourg.

Kraftwerk - Pop Art
Pop Art

Cette année, la Société des arts technologiques (SAT) s’est ajoutée à nos salles de diffusion. On y présentera Pop Art (27 mars à 21 h), un film sur le groupe allemand Kraftwerk, qui serait à l’origine de la musique électronique. La projection sera suivie d’une prestation de dj. Les films Escher’s Universe (25 au 28 mars à 19 h 30 et 20 h 30, et 29 mars à 13 h 30 et 14 h 30), sur le dessinateur et graveur Maurits Cornelis Escher, et Harmonielehre (25 au 28 mars à 18 h 30, et 29 mars à 15 h 30), sur l’Orchestre symphonique de Montréal, seront présentés dans la Satosphère.

Quelle image vous vient en tête quand vous pensez au Quartier des spectacles?

Je pense d’abord à La Vitrine, parce que c’est la porte d’entrée du Quartier des spectacles. Aussi, l’architecture du 2-22 qui l’abrite est très intéressante. On retrouve par ailleurs 6 de nos 11 salles de diffusion dans le Quartier : la Cinémathèque, l’UQAM, la Grande Bibliothèque, la Place des Arts, la SAT et le Musée d’art contemporain. C’est très facile de se déplacer d’une salle à l’autre.

Festival international du film sur l’art
Du 20 au 30 mars

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Biiru : la folie izakaya s’empare du Quartier des spectacles

Les izakayas, ces brasseries japonaises qui proposent des plats à partager, sont de plus en plus populaires en ville. Le petit dernier? Biiru, qui a ouvert ses portes il y a à peine un mois sur la petite rue City Councillors.

Rencontre avec Yann Levy, copropriétaire du Biiru.

Biiru : la folie izakaya s’empare du Quartier des spectacles
Photos: Marie-Joëlle Corneau

Pourquoi avoir décidé d’ouvrir un izakaya?

Il y a un fort engouement en Amérique du Nord pour tout ce qui est japonais. Comme le marché du sushi est saturé, d’autres types d’établissements ont vu le jour. C’est le cas des izakayas, qui sont des brasseries japonaises traditionnelles. À Montréal, la tendance est née il y a environ quatre ans.

Avez-vous la fibre nippone depuis longtemps?

Je suis allé au Japon il y a un an et j’ai été séduit par ce pays. J’y retourne d’ailleurs bientôt. Je travaillais dans le commerce électronique, mais j’ai toujours voulu ouvrir un restaurant. Quand l’occasion s’est présentée, je me suis lancé! J’ai ouvert Biiru avec Yossi Ohana, DJ de Sugar Sammy et au Buonanotte.

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Les inspirations japonaises sont bien présentes dans le décor.

Oui. Nous avons pris notre temps pour penser à chaque détail. Mon associé m’a donné carte blanche pour le décor, une autre de mes passions. On retrouve entre autres des parchemins sur les murs, des cages avec des oiseaux en origami, une daruma (une poupée japonaise) et des messages en japonais sur les chaises…

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Et que retrouve-t-on au menu?

Tous nos plats sont destinés à être partagés. Ce sont des standards de la cuisine japonaise que nous avons modernisés et adaptés au marché montréalais. Par exemple, la salade de soba (nouilles de sarrasin) est servie avec une vinaigrette de kimchi, des canneberges, du bacon et du sucre d’érable. Nous avons aussi un japadog : une version japonaise du hot dog qui vient avec de la sauce teriyaki, de la purée de mangues, des oignons frits, des algues et une saucisse de porc et de crevette. Et dans notre ramen, nous avons ajouté du foie gras pour donner un goût particulier. De nos jours, les clients sont toujours à la recherche d’une petite touche différente.

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Pourquoi avez-vous choisi de vous installer dans le Quartier des spectacles?

Le succès que connaît le Furco depuis son ouverture à un coin de rue d’ici nous a beaucoup influencés. En un an, ce bar a réussi à ramener de façon quotidienne des gens dans ce coin de la ville. C’est devenu un pôle d’attraction et nous souhaitions en faire partie. Nous nous sommes installés dans le quartier pour ajouter à l’offre. Plus il y aura de bonnes adresses, plus les gens voudront passer du temps ici. Nous ne voulions pas avoir pignon sur la rue Sainte-Catherine ; nous sommes un peu en retrait par choix et notre enseigne est minimaliste (un drapeau japonais).

Notre choix s’est aussi porté sur cet emplacement parce qu’il y a une magnifique terrasse, ce qui n’existe pas dans les autres établissements japonais montréalais. Et comme il y a une grande clientèle d’affaires dans le secteur, nous avons décidé d’ouvrir le midi en semaine en plus du soir.

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Quelle image vous vient en tête quand vous pensez au Quartier des spectacles?

Je pense d’abord au Musée d’art contemporain, à la Maison symphonique,  à la place des festivals et à tous les événements culturels. Le Quartier des spectacles, c’est vraiment devenu le cœur de Montréal. C’est animé, aussi bien en salles qu’à l’extérieur.

Biiru
1433, City Councillors
Le midi : du mardi au vendredi de 11 h 30 à 14 h
Le soir : du mardi au jeudi de 17 h 30 à 22 h et les vendredis et samedis de 17 h 30 à 23 h

Publié le 14 mars 2014

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Coopérative les Katacombes : ouverte à tous!

La coopérative de travail les Katacombes ne reniera jamais ses racines punks. Mais la salle de spectacle présente aujourd’hui une programmation aussi riche que diversifiée. L’endroit a même fait du coin Saint-Laurent et Ontario, un repaire vivant pour les Montréalais. Derrière sa façade noire, on trouve un lieu très chaleureux géré par une équipe animée par des valeurs communautaires profondes.

Rencontre avec Janick Langlais, l’une des trois copropriétaires de la coopérative de travail les Katacombes.

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Photos : Martine Doyon, Marie-Joëlle Corneau

Que dites-vous aux gens qui hésitent à pousser la porte des Katacombes?

L’image est mal fondée. Elle est en grande partie due à l’aspect du lieu. Quand l’édifice a été emballé par l’œuvre de Dominique Pétrin nous avons constaté un changement dans la perception des gens. Aussi, il est vrai qu’au départ, la programmation était très axée sur le punk, mais nous l’avons beaucoup diversifiée au cours des dernières années. Nous tentons de casser les préjugés, tout en restant nous-mêmes. C’est peut-être intimidant de l’extérieur, mais je dis toujours aux gens d’entrer. Nous sommes très accueillants!

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Palazzo II – emballage en papier sérigraphié de Dominique Pétrin (2012). Photo : Geneviève Massé

Pourquoi avez-vous choisi d’en faire une coopérative de travail plutôt qu’une simple salle de spectacle?

Cela rejoint davantage nos valeurs. L’entreprise privée n’est pas un modèle intéressant pour nous. Nous souhaitons prendre des décisions en collectivité. Prochainement, notre statut de coopérative de travail devrait être modifié pour adopter celui d’une coopérative de solidarité. Cela nous permettra d’accueillir dans nos rangs davantage de catégories de membres. Actuellement, il n’y a que des membres travailleurs, mais nous pourrons désormais accueillir des membres producteurs ou d’autres qui pourront investir dans la coopérative. Nous souhaitons partager les responsabilités.

Que présente-t-on aux Katacombes?

Notre programmation est underground et alternative, mais les spectacles sont très variés. Nous proposons du punk, du métal, du gothique, de l’industriel, de l’électro, du folk, du rock. Il y a aussi de l’impro, tous les lundis, avec la ligue La Jesus. Nous avons aussi à l’affiche des cabarets d’humour, des événements fétiches et burlesques ou des soirées queer et lesbiennes. Nous accueillons également des colloques, des galas, des conférences… Aussi, un de nos murs est consacré aux œuvres d’un artiste à qui nous souhaitons offrir une vitrine. Tous les deux mois environ, nous accueillons les créations d’un nouvel artiste.

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Vous êtes aussi associé aux festivals…

Oui. Nous présenterons encore cette année Zoofest dans le cadre de Juste pour rire et nous venons de renouveler notre partenariat avec les Francofolies. Puis, en novembre, nous proposons le 8e Varning from Montreal, notre festival punk maison.

Que doit-on surveiller prochainement?

Le week-end de la Saint-Patrick (14 et 15 mars) sera très animé avec la présence du groupe des années 1980 The Menace. Murphy’s Law, Street Troopers et Les vagabonds seront aussi de la partie. Le 5 avril, nous faisons un spectacle afin d’amasser des fonds, car notre projecteur a rendu l’âme! Le groupe punk irlandais Drunken Dogs, les Rejets de Satan et Ol Crocodile sont à l’affiche pour l’occasion. Puis, le 13 avril, nous présentons un événement de planche à neige. Il y aura des spectacles à l’intérieur et des démonstrations dans le stationnement.

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Cet été, vous offrirez à votre clientèle une terrasse bien en règle…

Oui. Après trois ans de projet pilote, nous avons finalement obtenu le permis. Le fait d’avoir une belle et grande terrasse bien aménagée aidera sûrement notre image. Il y aura 80 places assises et de la verdure. Elle devrait ouvrir début mai. Nous y servirons, comme à l’intérieur, des bières de microbrasseries québécoises. C’est très important pour nous d’encourager les producteurs locaux.

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Quelle image vous vient en tête quand vous pensez au Quartier des spectacles?

Culture et diversité. Je pense aussi à l’animation urbaine et aux artistes internationaux sur la place des Festivals. Même moi, qui suis propriétaire d’une salle, j’ai une vision très extérieure du Quartier des spectacles. Ceci dit, je peux dire qu’on verra de plus en plus de collaborations entre les salles et le Quartier des spectacles.

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1635 Boulevard Saint-Laurent

 Publié le 5 mars 2014

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L’UQAM, citoyen du Quartier des spectacles

En plus de remplir son mandat éducatif, l’Université du Québec à Montréal (UQAM) est très active dans sa communauté. Bien implantée dans le Quartier des spectacles, l’institution se voit comme un acteur de changement important et met son savoir et son expertise au service de la collectivité, notamment à travers des événements culturels et artistiques.

Rencontre avec Robert Proulx, recteur de l’UQAM, qui est un témoin privilégié de l’évolution de l’Université, qu’il a d’abord fréquentée comme étudiant dès 1972.

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Photo : Nathalie St-Pierre, UQAM.

L’UQAM est au cœur du Quartier des spectacles et partout dans le Quartier : on la retrouve autant dans le secteur du Quartier Latin que dans celui de la Place des Arts. Quel rôle joue-t-elle?

L’UQAM est un citoyen montréalais. L’université est née d’une fusion entre un collège classique, trois écoles normales et une école des beaux-arts, ce qui lui a donné une couleur toute particulière. L’UQAM est aussi née du désir de démocratiser le savoir. Il fallait donc qu’elle soit bien intégrée dans son milieu : ce qui explique son emplacement dans le centre-ville. Elle est l’incarnation même d’une universitaire urbaine et cherche à mettre son expertise et sa créativité au service de la collectivité.

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La place Pasteur accueille régulièrement des créations des étudiants de l’UQAM. Sur la photo, il s’agit de La grande école réalisée par des finissants au diplôme d’études supérieures spécialisées en design d’événements en 2013. Photo : Nathalie St-Pierre.

Et dans le Quartier des spectacles, cela se traduit de quelles façons ?

Nous intégrons notre vie universitaire à la vie du Quartier. Nous cherchons des manières originales de faire cohabiter ces deux dimensions et à optimiser notre contribution, notamment dans le domaine des arts et de la création, qui constituent une part très importante de notre institution. Cela constitue un grand avantage, car nos étudiants ont ainsi accès à un laboratoire à l’échelle de la ville et peuvent appliquer leurs connaissances à des contextes réels. Pour le milieu, cela permet des productions à la fine pointe de la recherche et de la création.  Plusieurs activités artistiques sont mises en œuvre par l’université, à travers son Centre de design et sa Galerie, et sur les espaces publics, en particulier sur la place Pasteur, dans le cadre de participations à des événements collectifs.

Cette année, à la Nuit blanche, l’UQAM présentera en effet une douzaine d’activités…

Oui, et elles sont toutes plus intéressantes les unes que les autres. Je pense notamment à Coro, qui illuminera le clocher de l’UQAM. Cette création a été développée par nos finissants en médias interactifs (voir encadré) en collaboration avec le Quartier des spectacles. Il y aura aussi une présentation spéciale extérieure du film culte Elvis Gratton (le Elvis Gratton Picture Show), où le spectacle sera autant sur l’écran que sur place, avec nos étudiants en théâtre.

Trois des neuf façades consacrées de façon permanente à la diffusion de vidéoprojections artistiques dans le Quartier des spectacles sont sur des immeubles de l’UQAM. Pourquoi avoir décidé de participer à ce projet ?

Les vidéoprojections, en plus d’être une proposition originale pour le public, nous sont apparues comme une belle façon de faire sortir le contenu de nos murs et d’associer les arts et la science. Le Cycle de l’eau, projeté sur le pavillon Président-Kennedy [de retour après Montréal en lumière] démontre, de façon ludique, l’écosystème complexe autour de l’eau et l’expertise qui est développée dans notre faculté. Cela enrichit donc la vie de quartier tout en éduquant les gens sur des enjeux importants.

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Le Cycle de l’eau, Réalisation : Gabriel Poirier-Galarneau, Animation : Cyril Izarn, Pavillon Président-Kennedy de l’UQAM, Photo : Nathalie St-Pierre

En plus de ces interventions artistiques, l’UQAM se donne le mandat de contribuer au progrès social…

En effet. Nous nous penchons entre autres sur le problème d’itinérance. Nos étudiants en travail social et nos experts effectuent de nombreux projets de recherche sur le sujet et posent des actions concrètes, pour aider cette population marginalisée.

Notre désir d’améliorer la vie de quartier se reflète aussi dans nos projets d’aménagement. Nous souhaitons réaménager nos espaces extérieurs. L’idée serait de donner aux lieux une véritable identité de campus universitaire, où les gens pourront circuler dans des espaces qui les inspirent.

Nous voulons également revoir notre signalétique, pour qu’elle devienne un vecteur identitaire, que les gens s’approprient le campus et que notre présence soit plus évidente dans le Quartier. Toutes nos expertises, en particulier celles de l’École de design, sont mises à contribution dans ce projet.

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Pour votre dernière campagne publicitaire, vous avez demandé à sept artistes diplômés de mettre en lumière les six facultés de l’université ainsi que l’École de gestion.

Nous avons demandé à nos talents d’exprimer ce qu’est l’UQAM, ce qu’elle représente pour eux à partir de rencontres avec les étudiants. Le résultat est magnifique et témoigne totalement de la façon de faire de l’UQAM, où l’art et les échanges d’idées occupent une grande place. Le savoir et la recherche universitaires sont pluriels et peuvent être difficiles à synthétiser. L’art est un langage universel qui permet d’appréhender cette complexité et de la communiquer de manière percutante.

Quelle image vous vient en tête quand vous pensez au Quartier des spectacles?

Le Quartier des spectacles, c’est l’addition d’institutions qui visent à améliorer la compréhension du monde à travers les arts. C’est un ensemble d’activités et d’événements qui permettent aux gens de grandir dans un monde de créativité et d’imagination.

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Joel-Lalancette-Coro-1Photo : Joël Lalancette

Une mascarade pour la Nuit blanche

Les finissants du programme des médias interactifs de l’École des médias de l’UQAM ont préparé toute une mascarade pour la Nuit blanche, qui aura lieu le 1er mars . Inspiré de la commedia dell’arte, l’événement Coro (qui veut dire chœur en italien) combinera projections architecturales sur le clocher de l’UQAM, personnages théâtraux et mobilier interactif sur place. Présenté en partenariat avec le Quartier des spectacles, Coro mettra en scène Pierrot et Arlequin, qui tenteront de voler le cœur de Colombine. Et c’est le public, en utilisant  le mobilier, qui décidera du fil de l’histoire. «On convie le public à une grande fête, souligne Alex Lagacé Carter, étudiante en médias interactifs. Ce sont les finissants qui ont monté l’événement de A à Z, des aspects techniques à la recherche de commanditaires. Il s’agit du résultat de trois années d’étude.»

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Au clocher de l’UQAM, Rue Saint-Denis entre Sainte-Catherine et de Maisonneuve
1er mars de 18 h 30 à 2 h

 

Publié le 26 février 2014

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Le parfait guide du Montréal en lumière gratuit

En plus de sa riche programmation en salle et de son appétissant volet gourmand, Montréal en lumière propose, pour son 15e anniversaire, un site extérieur renouvelé. Sur la place des Festivals et l’esplanade de la Place des Arts, les festivaliers auront donc l’embarras du choix. Montréal en lumière débute le 20 février et culminera le 1er mars avec la 11e Nuit blanche. Afin de ne rien manquer de la programmation gratuite, voici les indications et conseils de deux experts.

Rencontre avec Laurent Saulnier, vice-président à la programmation et à la production de Montréal en lumière, et Josiane Lapointe, chargée de projet pour la Nuit blanche.

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Photo : Frédérique Ménard-Aubin

Quelles sont les nouveautés sur les sites extérieurs?

Laurent Saulnier : Sur la place des Festivals, nous proposons une foule de nouvelles expériences. D’abord, il y a la Cour RBC, qui est une construction temporaire faite d’un assemblage de conteneurs. On y retrouvera des décors typiques d’une ruelle de Montréal. Il y aura un bar qui proposera une ambiance lounge de 17 h à 20 h et une ambiance discothèque après 21 h. De plus, les chefs des restaurants Laloux, Chez Lévesque, Accords et Renoir y prépareront des plats.

Ensuite, il y a Nucléus, en plein cœur de la place des Festivals, qui est un spectacle de laser interactif à l’intérieur d’un cube géant. Les visiteurs devront réaliser une chorégraphie afin d’activer le Nucléus. Plus il y aura de participants, plus le tout sera spectaculaire. C’est du jamais vu !

Sur un des murs de la Maison du Festival Rio Tinto Alcan, pour l’installation Montréal en visages, nous avons installé un immense visage blanc gonflable. Il y aura un vidéomaton dans lequel les festivaliers pourront se faire prendre en photo. Leur visage sera alors projeté sur la Maison du Festival. Juste à côté, il y aura un plancher interactif. En se promenant sur celui-ci, les visiteurs pourront déclencher des animations et des projections sur la Maison du Festival.

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Photos : Laurent Saulnier, Courtoisie Montréal en lumière / Josiane Lapointe

Il y a aussi des classiques qui sont de retour…

L.S. : Oui. La grande roue sera encore sur le site, mais nous l’avons déplacée sur la rue Sainte-Catherine. Puis, la longue glissade urbaine sur glace, qui est devenue la marque de commerce de Montréal en lumière, sera, encore une fois, sur l’esplanade de la Place des Arts. Il y aura aussi deux expositions de photos. Devant la Maison du Festival, la première retracera les 15 ans de Montréal en lumière. Puis, devant l’édicule du métro Place des Arts, la seconde portera sur Haïti, un pays auquel nous souhaitions faire un coup de chapeau cette année. Il y aura d’ailleurs un kiosque Saveurs d’Haïti et un tap-tap haïtien sur le site.

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Finalement, il y aura des concerts gratuits…

L.S. : Oui, tous les soirs à 20 h sur la place des Festivals. Ça débute le 20 février avec Louis-Jean Cormier et ça se termine le 1er mars avec Poirier et ses amis. On pourra également assiter aux concerts de : Jimmy Hunt (21 février), Caféïne (22 février), Bet.E & Stef (26 février), Dead Obies (27 février) et Jason Bajada (28 février). Dès 21 h, des DJ prendront le relais.

La Nuit blanche propose plus de 200 activités dans plusieurs secteurs de la ville, dont 55 dans le Parcours Quartier des spectacles – centre-ville. Comment faire pour en profiter le plus possible?

Josiane Lapointe : Il faut commencer tôt avec les premières activités et accepter de se coucher tard (ou tôt!). La programmation est très éclectique. Il y a une panoplie d’activités gratuites. Dans le Quartier des spectacles, ça va être très musical.

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Photo : Frédérique Ménard-Aubin

Que faut-il surveiller dans le Quartier?

J.L. : Cela dépend des goûts de chacun. Le Métropolis sera ouvert jusqu’à 5 h du matin avec une programmation pensée par Espace Musique. Le Monument-National propose Le cabaret de la nuit, avec Jipé Dalpé et Antoine Gratton, alors que le Club Soda présente le Karnival de Poirier. SPASM, le festival de film gore, prend d’assaut le Café Cléopâtre.

Bouge de là!, qui fait revivre l’émission culte, est de retour pour une deuxième année dans les studios de MusiquePlus. Cela pourrait bien devenir une tradition.

Le Musée d’art contemporain sera ouvert jusqu’à 3 h et propose La Petite Nuit blanche, pour les enfants, de 18 h à 21 h. Des activités spéciales auront aussi lieu à l’École de joaillerie, où l’on tentera de créer la plus grande chaine possible.

À l’agora du Cœur des sciences de l’UQAM, MUTEK soulignera ses 15 ans avec 15 heures de musique en continu, de 19 h à 10 h. Et j’en oublie !

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Photo : Frédérique Ménard-Aubin

Comment doit-on planifier notre Nuit blanche?

J.L. : Il faut bien consulter le programme et faire ses recherches à l’avance. L’application mobile permet également de visualiser toute la programmation du bout des doigts et de voir ce qui se trouve à proximité. Il est important également de surveiller les prévisions météorologiques et de bien s’habiller si l’on vise des activités extérieures. Pour les déplacements, des navettes permettront de se déplacer d’une activité à l’autre gratuitement. Le métro sera également ouvert toute la nuit (au tarif habituel).

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Du 20 février au 2 mars 2014

Publié le 19 février 2014

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Maison théâtre : le grand théâtre des petits

Depuis maintenant 30 ans, la Maison Théâtre séduit le public montréalais. Mais pas n’importe lequel : les enfants, «de la couche au duvet», au dire de son président et directeur général. Et quelques parents se font même prendre au jeu et deviennent des fidèles de l’institution de la rue Ontario. Seul diffuseur spécialisé en théâtre jeune public à Montréal, la Maison Théâtre permet à de nombreux jeunes de découvrir et d’apprécier cet art.

Rencontre avec Alain Grégoire, président et directeur général de la Maison Théâtre.

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Alain Grégoire. Photo : Agnieszka Stalkoper

Comment se porte la création québécoise en théâtre jeune public ?

La Maison Théâtre a la chance d’avoir accès à une des plus riches productions en théâtre jeune public au monde. Je reviens de France, où je suis allé au Momix, le festival international jeune public de Kingersheim, et j’ai pu constater encore une fois à quel point le théâtre d’ici est apprécié.

Par quoi se caractérise la création québécoise par rapport aux productions d’ailleurs?

On se permet ici d’aborder des thèmes qui ne le sont pas nécessairement ailleurs. Il y a moins de tabous, on se met moins de limites. Notre théâtre se démarque aussi par une interprétation de très grande qualité. Il y a une émotion dans le jeu qu’on ne retrouve pas partout.

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Photo : Groupe Arcop

Comment parvenez-vous à faire apprécier le théâtre aux jeunes?

Nous faisons en sorte de donner des clés aux enfants afin de les aider à décoder le théâtre, qui est une forme d’art moins accessible que le cinéma, par exemple. Notre rôle est d’accompagner l’enfant et de lui permettre d’exprimer ce qu’il a aimé et ce qu’il a moins aimé. Notre équipe d’animateurs est là pour aiguiser leur sens critique. Certains des enfants qui viennent ici sont des spectateurs plus aguerris que plusieurs adultes que je connais.

La demande est-elle grande à Montréal?

Oui. Il y a une volonté de donner aux enfants un accès à l’art, même chez les parents qui ne fréquentent pas les lieux culturels. Beaucoup de parents découvrent d’ailleurs le théâtre en voulant y exposer leurs enfants.

Signe de votre succès, la Maison Théâtre sera bientôt dotée d’une deuxième salle.

C’est un projet que nous avons depuis le début : avoir une scène secondaire à géométrie variable pour présenter des spectacles plus intimes ou plus expérimentaux. Nous sommes très heureux que le projet aboutisse enfin. Le théâtre jeune public a grand besoin d’une petite salle. Elle sera construite d’ici 2017 à l’angle des rues Ontario et Hôtel-de-Ville.

Que faut-il surveiller d’ici la fin de la saison?

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Photo : Jérémie Battaglia

Pinocchio (du 14 février au 2 mars pour les 5 à 10 ans), un grand succès de la compagnie Tout à Trac, qui fait des petits bijoux avec les classiques.

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Photo : Robert Etcheverry

DynamO Théâtre présentera le délirant Le grand méchant loup en mars (du 12 au 30 mars pour les 6-12 ans).

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Photo : Suzane O’Neill

L’Arrière-scène proposera Les mains de mon père (du 2 au 19 avril pour les 7-12 ans).

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Photo : Pierre Larue

La saison se terminera avec Une histoire dont le héros est un chameau et dont le sujet est la vie (du 8 au 25 mai pour les 4-9 ans), un spectacle de marionnettes philosophique des Amis de Chiffon.

L’accès égalitaire au théâtre semble être une priorité de la Maison Théâtre. Vous proposez plusieurs programmes en ce sens.

En effet. Nous sommes situés en face du plus grand complexe d’habitations à loyer modique au Canada : les habitations Jeanne-Mance, qui compte 2 000 résidents, 70 ethnies et 500 jeunes de moins de 18 ans. Depuis quelques années, beaucoup de ces enfants viennent à la Maison Théâtre où ils reçoivent de l’aide au devoir avec une personne spécialisée suivie d’ateliers de théâtre.

Avec les maisons de la culture, nous offrons aussi depuis 20 ans le programme Découvertes théâtrales, qui permet à des enfants de voir quatre spectacles par année dont deux chez nous. Environ 2 500 enfants en bénéficient.

UNE « DÉCOUVERTE THÉÂTRALE » POUR 600 ENFANTS PROVENANT DE MILIEUX DÉFAVORISÉS

Avec le programme Destination théâtre, nous permettons à des enfants de joueur un rôle de transmetteur. Les enfants des nouveaux arrivants apprennent le français assez rapidement, mais ce n’est pas toujours le cas de leurs parents. Ce programme vise à amener les parents au théâtre. Les enfants ayant vu la pièce, ils préparent leurs parents à la pièce qu’ils verront.

Vous faites partie d’un regroupement qui réclame une politique du théâtre professionnel pour les jeunes publics. Pourquoi ?

Il y a un grand problème de reconnaissance qui se traduit entre autres par un prix de vente des billets beaucoup plus bas que pour les spectacles de théâtre pour adultes. Pourtant, le comédien dans une production jeune public travaille dans les mêmes conditions que son collègue qui joue dans une pièce pour adultes et il a les mêmes factures à payer. La compagnie qui construit le décor ne bénéficie pas non plus de rabais sur son matériel. Bref, le théâtre jeunesse a des coûts d’adultes mais des revenus d’enfants. Bien sûr, nous recevons des subventions – comme les autres théâtres –, mais elles ne sont pas plus élevées pour compenser ce manque à gagner. Nous pensons que les pouvoirs publics devraient investir davantage, parce que notre théâtre influence le développement de notre jeunesse et la société dans laquelle nous vivons.

Quelle image vous vient en tête quand vous pensez au Quartier des spectacles?

Nous nous sommes installés ici en 1984, car nous voulions jouer dans la cour des grands parce que nous savions que nous étions plus petits. C’est important pour nous d’être dans le Quartier, dans le cœur culturel de Montréal, pour ne pas être isolés.

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Publié le 14 février

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Café Parvis : un petit nouveau, rue Mayor

Les huit partenaires derrière le Furco frappent encore. Situé dans le grand local adjacent au populaire bar, le Café Parvis, ouvert depuis quelques jours à peine, est un café et une pizzeria. L’endroit séduit déjà les Montréalais le jour et on prévoit une ouverture en soirée d’ici le printemps.

Rencontre avec Éric Bélanger, chef superviseur et associé au Café Parvis, au Furco et à la Buvette Chez Simone.

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Comment est né le Café Parvis?

Quand nous avons ouvert le Furco, en octobre 2012, nous avions prévu qu’il serait en opération midi et soir. Nous avons d’abord ouvert le soir, pour le rodage, puis, après une semaine, le bar était déjà plein tous les soirs. C’est devenu très rapidement un endroit où c’était continuellement la fête. Nous n’avons donc jamais ouvert le midi. Puis, on nous a proposé le local adjacent. Au départ, nous étions plus ou moins intéressés parce que nous étions satisfaits du Furco. Mais l’idée d’ouvrir un café me trottait dans la tête depuis un moment. Puisque le local était parfait et que ça fonctionnait bien avec les associés du Furco, nous avons décidé d’aller de l’avant.

Le Parvis, lui, sera ouvert seulement le midi?

Notre objectif est de l’ouvrir matin, midi et soir! Le Parvis ouvre dès sept heures le matin. Nous servons un café haut de gamme – notre barista est même allée suivre une formation en Oregon! – ainsi que des viennoiseries qui sont cuisinées sur place. Nous nous préparons pour l’ouverture de soir, qui se fera d’ici le printemps, quand tout sera à mon goût. Pour le moment, donc, nous sommes ouverts du lundi au vendredi, de 7 h à 15 h, et, bientôt, nous ouvrirons les soirs et les week-ends.

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Qu’est-ce qu’on retrouve au menu?

Il y a six sortes de pizzas, autant de salades et une soupe. On peut manger sur place ou commander pour emporter. Le concept ressemble à celui de la Buvette chez Simone [où Éric Bélanger est aussi associé], c’est-à-dire que, sur le menu, vous encerclez ce que vous voulez et nous l’apportons sur des plateaux pour permettre le partage entre les convives. C’est parfait pour le midi. Cela nous permet de faire un service rapide en moins de 45 minutes. Nous proposons des pizzas romaines, qui ont une pâte plus épaisse et plus croustillante que la pizza napolitaine. Les recettes se veulent inventives. Il y a, par exemple, une pizza avec du boudin maison et des oignons caramélisés. Une autre est garnie de saumon fumé maison, de salade fraîche et d’huile citronnée.

Vous avez un permis d’alcool?

Oui. C’est un permis pour restaurant, donc il faut manger pour consommer de l’alcool. Nous proposons six bières en fut d’une microbrasserie québécoise. La carte des vins est restreinte, mais bien choisie : il y a douze bouteilles et au verre, nous proposons deux vins d’importation privée qui ont été créés spécialement pour nous. Le vrai bar, il est à côté; c’est le Furco. Ici, nous voulions créer une pizzeria conviviale où les prix sont abordables.

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Quelle est l’ambiance du Parvis?

Nous avons voulu créer une ambiance un peu seventies. Nous souhaitions déménager l’esprit du Mile-End au centre-ville, parce qu’il n’y a pas vraiment d’établissement de ce genre ici. C’est le designer Zébulon Perron, aussi partenaire dans l’aventure, et moi-même qui avons pensé le décor qui comprend des références rétro et beaucoup de plantes.

Quels autres projets avez-vous en tête pour le Parvis?

Nous souhaitons avoir des places de terrasse sur la rue dès le printemps. La demande de permis a été faite. La terrasse serait ouverte du matin jusqu’à environ 21 h ou 22 h. Nous pourrions la garder ouverte jusqu’à 23 h, mais nous voulons nous assurer d’une bonne cohabitation avec le voisinage. Aussi, j’aimerais ajouter une serre sur le toit. Nous pourrions y faire pousser nos propres piments. Nous allons probablement commencer les travaux en mai.

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Quelle image vous vient en tête quand vous pensez au Quartier des spectacles?

L’Église Unie Saint-James. J’aime beaucoup l’architecture et je venais souvent me promener dans le quartier pendant les travaux de revitalisation de l’église. C’est comme ça d’ailleurs que j’ai trouvé le local de la rue Mayor, derrière l’église, et que nous nous sommes installés ici.

Café Parvis
433, rue Mayor

Publié le 3 février

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